La réglisse sous surveillance : risques d’hypertension et de baisse du potassium alertent les autorités

Image d'illustration. Bâtons de réglisse en pot en verreADN
La consommation de réglisse suscite l’inquiétude des autorités sanitaires, qui alertent sur ses effets indésirables, notamment une élévation de la tension artérielle et une baisse du taux de potassium sanguin chez certains consommateurs.
Tl;dr
- La réglisse peut provoquer hypertension et troubles cardiaques.
- L’Anses alerte femmes enceintes, enfants et malades chroniques.
- De nombreux produits contiennent de la réglisse, lisez les étiquettes.
Un ingrédient omniprésent, un risque sous-estimé
Derrière son image gourmande et ses notes sucrées, la réglisse cache parfois des dangers insoupçonnés. Utilisée dans une multitude de produits du quotidien – des confiseries, bien sûr, mais aussi des tisanes, certaines boissons alcoolisées ou même des dentifrices – cette plante se retrouve sur la table d’une majorité de Français sans que ceux-ci en aient toujours conscience.
Selon l’Anses, près de 60 % des adultes et plus de 40 % des enfants consommateurs excèdent la dose toxique de référence fixée par l’agence. De quoi tirer la sonnette d’alarme.
Alerte sanitaire : les publics à risque en première ligne
Dans un rapport publié le 12 juin 2025, l’Anses attire particulièrement l’attention sur certains groupes vulnérables. Elle recommande ainsi une grande prudence aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants, mais aussi à toutes les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, ou présentant des problèmes rénaux ou hépatiques.
L’agence n’hésite pas à rappeler que l’ingestion répétée d’aliments contenant de la réglisse expose au risque d’hypokaliémie – un déficit en potassium – qui peut entraîner une hausse de la tension artérielle et des complications cardiaques.
L’acide glycyrrhizique au cœur du débat réglementaire
Mais alors, qu’est-ce qui explique ces effets secondaires ? Tout pointe vers le principal composant actif de la racine : l’acide glycyrrhizique. Ce dernier ne se contente pas de relever le goût : il est également susceptible d’interagir avec divers médicaments tels que :
- les diurétiques hypokaliémiants,
- certains laxatifs stimulants,
- la digoxine et autres digitaliques,
- plusieurs antihypertenseurs, et traitements pouvant causer des « torsades de pointes ».
Un cumul avec ces traitements augmente sérieusement le risque pour les consommateurs concernés. Là-dessus, la législation européenne impose déjà une mention spécifique quand un seuil est dépassé : « contient de la réglisse/les personnes souffrant d’hypertension doivent éviter toute consommation excessive ». Cependant, pour l’Anses, il serait nécessaire d’aller plus loin : apposer un étiquetage clair dès que l’ingrédient figure dans une recette.
L’appel à la vigilance s’impose… partout où on ne l’attend pas
En définitive, nul ne saurait trop recommander aux consommateurs – notamment ceux suivis pour une pathologie chronique ou prenant plusieurs traitements – d’informer leur médecin en cas de consommation régulière de produits à base de réglisse. Car derrière ce goût familier se dissimule parfois un risque silencieux qui mérite toute notre attention.