Don du sang : bientôt allégé pour les tatoués et piercés, une urgence face à la pénurie

Image d'illustration. Transfusion sangADN
Le don du sang va bientôt s’ouvrir à davantage de personnes, grâce à un assouplissement des critères pour les tatoués et percés. Cette évolution intervient alors que la demande en produits sanguins reste particulièrement forte en France.
Tl;dr
- Délai réduit à 2 mois après tatouage ou piercing.
- Moins de 4 % des Français donnent leur sang.
- Projet de loi : salariés autorisés à donner sur leur temps de travail.
Assouplissement majeur des critères pour le don du sang
L’annonce était attendue par de nombreux candidats au don : dès le 1er septembre 2025, plusieurs conditions empêchant le don du sang seront allégées en France. C’est lors d’une conférence de presse que Frédéric Pacoud, président de l’Établissement français du sang, a précisé ces évolutions.
Désormais, après une séance d’acupuncture, un tatouage, un piercing ou une endoscopie, il suffira d’attendre deux mois — contre quatre auparavant — pour pouvoir donner son sang. Une avancée qui ne s’est pas décidée à la légère : « Cet assouplissement repose sur les progrès scientifiques et n’entame en rien la sécurité des donneurs ni des receveurs », a-t-il tenu à rappeler.
Progrès médicaux et enjeux pour la jeunesse
Ce nouveau délai s’appuie sur une étude récente du Haut Conseil de la santé publique. Grâce à des méthodes de dépistage bien plus sensibles, la détection de virus comme l’hépatite C se fait désormais plus rapidement et plus efficacement.
Conséquence directe : les jeunes, souvent concernés par les tatouages ou piercings, devraient trouver plus facile d’accéder au don. Un signal positif alors que les moins de 30 ans représentent déjà un tiers des dons réalisés chaque année dans l’Hexagone.
Des besoins croissants face à une participation insuffisante
Pourtant, malgré ces adaptations réglementaires, le défi reste immense : moins de 4 % des Français âgés entre 18 et 70 ans donnent leur sang annuellement. Or, chaque jour en France, ce sont près de 10 000 dons nécessaires afin d’assurer le bon fonctionnement des services hospitaliers et cliniques — ils sont plus de 1 500 établissements à dépendre directement de ces collectes.
Les professionnels rappellent que certains critères demeurent inchangés : il faut être majeur et peser plus de 50 kg pour donner son sang. Mais alors que les réserves atteignent parfois des seuils préoccupants, chaque geste compte.
Nouvelles mesures pour faciliter le don en entreprise
Dans cette optique, une proposition débattue à l’Assemblée nationale prévoit d’introduire un nouvel article dans le code de la Santé publique : il permettrait aux salariés français de s’absenter quelques heures sur leur temps de travail pour effectuer un don du sang — tout en conservant leur rémunération. Parmi les autres mesures étudiées pour renforcer la mobilisation :
- Simplifier encore l’accès aux sites de collecte grâce à dondesang.efs.sante.fr.
Pour tous ceux qui souhaitent contribuer à cet élan solidaire, il suffit désormais d’un simple clic pour trouver le centre le plus proche.