HTS, le groupe rebelle islamiste qui a renversé Bachar al-Assad en Syrie

Image d'illustration. Coucher de soleil sur Damas. ADN
Les islamistes ayant fait allégeance à Al-Qaïda prétendent avoir rejeté leurs racines originelles. Cependant, ils sont classés comme terroristes par l'ONU et les États-Unis. N'est-il pas alarmant de voir une telle radicalisation ?
Tl;dr
- Hayat Tahrir al-Cham (HTS) a pris le contrôle de Damas.
- HTS a renié ses origines liées à Al-Qaïda, proposant une alternative politique locale.
- Malgré des changements, HTS reste considéré comme un groupe terroriste par l’ONU et les États-Unis.
Un nouveau pouvoir en Syrie
Après un demi-siècle de règne de la dynastie al-Assad, la Syrie fait face à une nouvelle réalité. Le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), autrefois allié à Al-Qaïda, a réussi à prendre le contrôle de Damas. Le président syrien Bachar al-Assad, qui a gouverné le pays pendant 24 ans, dont 14 en temps de guerre, a été contraint de fuir et réside maintenant à Moscou.
Un virage politique
Malgré ses origines radicales, HTS tente de se positionner comme une alternative politique locale. En 2017, le groupe a adopté un nouveau nom et a commencé à distancer ses liens avec Al-Qaïda et l’État islamique, sans toutefois convaincre les chancelleries occidentales.
Il a également mis en place un « gouvernement du salut » qui contrôle l’économie de la province d’Idleb et fournit des services essentiels à la population, selon Jérôme Drevon, expert du djihadisme pour l’International Crisis Group.
Des avancées et des réserves
Malgré ces tentatives de réforme, HTS demeure considéré comme un groupe terroriste par l’ONU, les États-Unis et certains pays européens. Certains observateurs appellent à la prudence, affirmant que HTS conserve une nature radicalement islamiste.
Tammy Palacios, en charge du contre-terrorisme au New Lines Institute, souligne que le groupe a démontré son opportunisme dans ses alliances et allégeances.
Un avenir incertain
Alors que HTS tente de se réformuler, la communauté internationale reste sceptique. « HTS en a peut-être fini avec Al-Qaïda mais Al-Qaïda n’en a pas fini avec HTS. », prévient Tammy Palacios. La question de la légitimité du nouveau pouvoir en Syrie reste donc en suspens, suscitant des inquiétudes quant à l’avenir du pays.