En bref
- Max Brooks n’a pas rejeté World War Z malgré une adaptation très éloignée de son roman.
- Le film change totalement d’approche, passant d’un récit documentaire à un thriller d’action.
- L’auteur a apprécié certaines idées du film, notamment ses moments de tension imprévisibles.
Le plus étonnant, dans cette histoire, c’est que Max Brooks s’attendait à détester World War Z. Et ce n’est pas ce qui s’est passé. L’auteur du roman a expliqué en 2013, lors du San Diego Comic-Con, qu’il était sorti du film sans haine particulière, alors même que l’adaptation avec Brad Pitt prenait une direction très différente de son livre.
Un film presque sans lien avec le roman
Sorti en 2013, le blockbuster mis en scène par Marc Forster ne reprend en fait que l’ossature la plus mince du matériau d’origine. Le roman de Max Brooks racontait une apocalypse zombie sous forme d’histoire orale, avec plusieurs points de vue et des témoignages livrés après les événements. Le film, lui, choisit un tout autre chemin, celui d’un thriller d’action beaucoup plus frontal.
Même sa fabrication a été mouvementée. Le troisième acte a connu de grosses retouches, avec l’arrivée de Damon Lindelof et Drew Goddard pour revoir la copie. Pour les lecteurs, le décalage était net. On était loin de la nuance et de la construction très particulière du livre. Bref, une adaptation au sens très large.
Pourquoi Max Brooks ne l’a pas rejeté ?
Face aux fans, l’écrivain a d’abord ironisé en disant que le livre et le film partageaient surtout un excellent titre. Puis il a reconnu, avec une franchise assez rare, que le film ne craignait pas et qu’il ne l’avait pas détesté. Ce qui l’a surpris, justement, c’est que cette distance extrême avec son roman a rendu l’expérience plus simple à accepter.
Il a expliqué que, comme le film n’avait plus grand-chose à voir avec lui, il s’en était senti émotionnellement détaché. Une fois le générique lancé, il s’est dit, en substance, que c’était simplement le film de quelqu’un d’autre, et qu’il pouvait donc le regarder pour ce qu’il était. Une manière assez lucide de prendre du recul, et pas mal plus élégante que la guerre ouverte qu’on voit parfois entre auteurs et studios.
Les scènes que l’auteur a vraiment aimées
Ce recul n’a pas empêché Max Brooks de repérer des idées qui lui parlaient vraiment. Il a même admis que certains passages l’avaient agacé… parce qu’ils étaient bons, et parce qu’il aurait pu les écrire lui-même.
L’exemple qu’il a donné est très précis. Dans une scène tendue face aux zombies, un personnage qui ne maîtrise pas les armes finit par se tirer dessus par accident. Pour lui, ce genre de détail correspond exactement à ce qu’il aime raconter, ces petits moments qu’on croit secondaires et qui font tout basculer en une seconde. C’est là qu’il a retrouvé, non pas son livre, mais son esprit.
Le résultat reste donc paradoxal. World War Z n’est pas la transposition fidèle que beaucoup espéraient, et Max Brooks l’aurait sans doute préférée autrement. Mais il y a vu assez de bonnes idées pour ne pas rejeter le film en bloc. Et ça, quand on connaît la relation parfois explosive entre un auteur et Hollywood, ce n’est déjà pas rien.