Washington accuse Moscou d’utiliser un agent chimique en Ukraine

Illustration. Une analyse chimique. ADN
Remettant en cause les conventions internationales, il semble que la Russie ait utilisé la chloropicrine contre les forces ukrainiennes. Quels seront les impacts de cette action potentiellement illégale ?
Tl;dr
- Les États-Unis accusent la Russie d’avoir utilisé un agent chimique en Ukraine.
- Les forces russes auraient recours à ces armes pour déloger les Ukrainiens de leurs positions.
- La Russie fait face à des pressions pour plus de transparence sur l’utilisation d’armes toxiques.
- Nouvelles sanctions américaines visant des entreprises russes ou étrangères impliquées dans l’effort de guerre.
Accusation grave de Washington à l’encontre de Moscou
Selon un communiqué du département d’Etat américain, la Russie aurait utilisé un agent chimique, la chloropicrine, en violation de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC) dans le contexte du conflit ukrainien. C’est une accusation d’une extrême gravité à l’encontre de Moscou.
Usage des agents chimiques : une stratégie militaire ?
Le document émis par la diplomatie américaine souligne que ce recours aux produits chimiques ne serait pas un fait isolé. Au contraire, « L’utilisation de ces produits chimiques est probablement motivée par le désir des forces russes de déloger les forces ukrainiennes de positions fortifiées et de réaliser des avancées tactiques sur le champ de bataille », peut-on y lire.
La Russie face aux exigences de transparence
Malgré son affirmation qu’elle ne possède plus d’arsenal chimique militaire, la Russie est sommée de faire preuve de transparence sur l’utilisation présumée d’armes toxiques dont elle est accusée.
La chloropicrine, nommément citée, est un produit chimique connu pour son utilisation comme agent de guerre et comme pesticide, présentant un risque pour la santé en cas d’inhalation, selon les Instituts nationaux de la santé (NIH).
Des sanctions américaines renforcées
Parallèlement à ces accusations, Washington a annoncé mercredi une nouvelle vague de sanctions visant des entreprises ou des personnes russes ou étrangères accusées de participer à l’effort de guerre russe, y compris des entreprises chinoises ou hongkongaises. Certaines seraient impliquées dans les programmes d’armes chimiques et biologiques russes, d’autres auraient contribué à fournir à la Russie des composants généralement interdits. Ces sanctions affectent également des entreprises de cinq autres pays : les Emirats arabes unis, la Turquie, l’Azerbaïdjan, la Belgique, et la Slovaquie, ainsi que les infrastructures de gaz et pétrole russes.
Ces nouvelles sanctions interviennent dans un contexte très tendu, alors que Moscou cherche à développer les infrastructures qui lui permettraient d’exporter plus facilement ses hydrocarbures, en particulier vers la Chine.