Votre argent est-il réellement menacé si votre banque subit une cyberattaque ?

Image d'illustration. Coffre-fort de banque. ADN
Alors que les cyberattaques visant les établissements bancaires se multiplient, de nombreux clients s’interrogent sur la sécurité de leur argent. Quelles sont les protections en place et quels risques encourt réellement l’épargne des particuliers ?
Tl;dr
- Cyberattaques en hausse, banques et La Poste ciblées.
- Argent garanti à hauteur de 100 000 € par banque.
- Vigilance quotidienne conseillée contre les fraudes bancaires.
Des cyberattaques toujours plus fréquentes
Le début de l’année 2026 s’inscrit dans la continuité de 2025 : une nouvelle cyberattaque a visé La Poste, perturbant ses services dès le 1er janvier. Rapidement rétablis dans la journée, les systèmes n’ont pas empêché une vague d’interrogations : les attaques informatiques, en particulier contre les banques, vont-elles devenir le lot commun des prochains mois ? Et surtout, les clients doivent-ils craindre pour leur argent ?
Déni de service et vol de données : quels risques ?
Selon Delphine Chevallier, à la tête du cabinet spécialisé Thalia NeoMedia, l’incident récent relève d’un « cyberattaque par déni ». En clair, il s’agit de submerger un système informatique jusqu’à ce qu’il tombe en panne, provoquant ainsi un « down » temporaire mais, à ce stade, sans vol avéré de données. Même si cela arrivait, rappelle l’experte, « on ne pirate pas un compte en banque si facilement ».
Pourtant, derrière ce type d’attaque se cache parfois une seconde étape plus insidieuse : la collecte des informations personnelles. Habituellement, les hackers se contentent d’aspirer nom, prénom, adresse mail ou numéro de téléphone – des données difficiles à renouveler pour les victimes. Le véritable danger survient lorsque ces renseignements servent à usurper l’identité de la banque auprès du client. Un faux SMS ou e-mail peut alors tenter d’obtenir identifiants ou mots de passe.
Sécurité bancaire : que faire en cas de piratage ?
Dès lors qu’une fraude est constatée sur votre compte bancaire – virement suspect ou mouvement non autorisé –, la réglementation joue plutôt en faveur du consommateur. L’argent déposé en banque est protégé jusqu’à 100 000 euros par établissement. Comme le souligne Bérengère Dubus, présidente de l’Union des Intermédiaires de Crédit, il suffit d’apporter la preuve des opérations litigieuses (relevés bancaires papier ou numériques). La banque doit alors procéder au remboursement sous vingt-quatre heures, sauf si elle démontre une négligence exceptionnelle du client – notion encore très floue dans la jurisprudence actuelle.
Il est néanmoins recommandé de rester vigilant : une fois vos données subtilisées, il reste possible – mais contraignant – de changer d’adresse e-mail ou même de numéro de téléphone. Plus radical encore : demander l’ouverture d’un nouveau compte bancaire.
Bons réflexes pour limiter les risques
Face à l’essor des fraudes numériques, quelques précautions simples sont vivement conseillées :
- Diversifier ses comptes bancaires, notamment en combinant banque traditionnelle et banque en ligne (Revolut, Boursorama) pour pallier toute indisponibilité.
- Limiter les fonds sur son compte courant, privilégiant des virements vers des comptes moins exposés.
- Consulter ses comptes chaque jour, afin de détecter immédiatement toute anomalie.
L’époque où l’on vérifiait ses relevés seulement en fin de mois paraît bel et bien révolue. Pour cette année 2026 qui démarre sous le signe du risque numérique, adopter ces réflexes pourrait bien faire toute la différence.