En bref
- 10 millions d’élèves visés cette année
- Questionnaire anonyme, avec nom laissé si besoin
- Le ministère anticipe des résultats très lourds
10 millions d’élèves vont être interrogés cette année sur d’éventuelles violences sexistes et sexuelles subies à l’école ou autour de l’école. L’annonce a été faite par Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, qui veut intégrer ce nouveau volet au questionnaire annuel déjà diffusé sur le harcèlement scolaire.
Le dispositif doit concerner tous les niveaux, de la grande section de maternelle jusqu’à la terminale. Pour le ministère, l’enjeu est simple, permettre à des mineurs de signaler par écrit des faits qu’ils n’expriment pas forcément à l’oral.
Un formulaire étendu à tous les niveaux
Jusqu’ici, les élèves répondaient déjà à une grille d’auto-évaluation sur le climat scolaire. On y trouvait des questions très concrètes, sur la peur pendant le trajet vers le collège, l’isolement à la cantine ou encore des menaces venant d’autres élèves.
Cette fois, le champ s’élargit clairement. Édouard Geffray a expliqué que les élèves seraient interrogés sur ce qu’ils avaient éventuellement subi. Et il a rappelé un chiffre lourd, « un enfant sur 10 est victime de violences sexuelles en France ».
Ce que les élèves devront dire, par écrit
Le contenu précis de la nouvelle version n’est pas encore détaillé dans son intégralité. Mais le questionnaire 2024 disponible sur Eduscol.education.gouv.fr comportait déjà deux questions sur les agressions sexuelles.
L’une portait sur les insultes à caractère sexuel reçues sur téléphone, via les réseaux sociaux ou sur une plateforme de jeux en ligne. L’autre évoquait des violences à caractère sexuel commises par un ou plusieurs élèves, avec des exemples comme les attouchements, les baisers forcés ou le voyeurisme.
Anonymat, nom laissé ou non, et suite possible
Le questionnaire sera d’abord anonyme. Mais les élèves pourront laisser leur identité s’ils souhaitent être recontactés et rencontrer un adulte de confiance.
Son contenu doit être préparé avec les personnels scolaires, des associations de parents d’élèves et un comité d’experts comprenant notamment des pédopsychiatres. Le choix est assez net, croiser l’approche éducative et la prise en charge.
Pourquoi le ministère s’attend à un choc
Édouard Geffray dit redouter des « résultats sismiques », parce que le phénomène est, selon lui, massif. Il souligne aussi que l’Éducation nationale est le premier signaleur des violences sur mineurs.
Le ministère avance 88 000 informations préoccupantes émises l’an dernier, pour des violences sexuelles ou des défaillances parentales. Cette annonce arrive dans un contexte déjà tendu, après plusieurs scandales de violences sexuelles dans le périscolaire parisien révélés à l’automne 2025. Des dizaines d’animateurs y ont été suspendus, notamment pour agressions sexuelles, et des cas comparables ont aussi été signalés ailleurs en France.