Une société recrute pour des emplois exigeant 100 heures de travail par semaine

Image d'illustration. Intelligence artificielleADN
Une entreprise vient d’ouvrir des offres d’emploi pour des postes nécessitant 100 heures de travail par semaine. Cette charge horaire exceptionnelle suscite des interrogations sur les conditions de travail et la conciliation avec la vie personnelle.
Tl;dr
- Forgis adopte le modèle de travail 996 chinois.
- Offres critiquées : jusqu’à 100 heures par semaine.
- Salaire bas compensé par actions en cas de succès.
Un modèle de travail intensif qui suscite la controverse
Les pratiques managériales des start-ups technologiques ne cessent d’évoluer, parfois à rebours des tendances attendues. C’est ainsi que la jeune société suisse Forgis, spécialisée dans l’intégration de l’intelligence artificielle aux processus industriels, a récemment attiré l’attention après la publication sur LinkedIn de plusieurs offres d’emploi pourvues d’exigences inédites. Repérées par Blick, ces annonces font polémique, tant pour leur inspiration que pour leurs conditions.
L’inspiration venue d’Asie : le retour du 996
Après avoir longtemps mis en avant leurs environnements de travail confortables, certaines entreprises innovantes de la Silicon Valley se tournent désormais vers le modèle dit 996, popularisé en Chine : travailler de 9 heures à 21 heures, six jours sur sept. Ce rythme, déjà controversé dans son pays d’origine, est assumé ouvertement par Forgis. L’une des annonces précise que l’entreprise recherche « des membres fondateurs » et non simplement des collaborateurs. Un point particulièrement mis en avant : « Nous ne sommes pas une famille. Nous sommes des camarades en mission. »
Des exigences hors normes et un contexte juridique tendu
Là où le bât blesse, c’est sur le volume horaire. Selon les textes publiés par la société basée à Schlieren, les candidats doivent s’attendre à fournir entre 80 et 100 heures hebdomadaires – bien au-delà des 42 heures réglementaires en Suisse selon Le Parisien. Quelques dimanches de repos sont évoqués, mais la flexibilité quasi totale est exigée : projets changeants d’une semaine sur l’autre, disponibilité sans faille… La réaction ne s’est pas fait attendre : ces pratiques pourraient enfreindre la législation helvétique sur le temps de travail et donner lieu à des poursuites.
Salaire inférieur au marché, mais promesse d’actions
Pour attirer les profils recherchés – diplômés de niveau master issus d’universités prestigieuses –, Forgis propose un salaire annuel avoisinant les 70 000 francs suisses (environ 75 000 euros), soit nettement sous le médian national. Pourtant, la start-up joue la carte du pari entrepreneurial : elle offre à ses futurs employés un intéressement à hauteur de 1 % du capital. De quoi inciter les plus ambitieux à tenter leur chance dans cette aventure exigeante ? Une question qui reste ouverte alors que le débat sur le modèle « 996 » refait surface en Europe.