En bref
- The Jack Bull est un western HBO sombre et méconnu sorti en 1999.
- Un conflit entre un marchand de chevaux et un riche propriétaire tourne à la vengeance.
- John Goodman se distingue particulièrement dans le rôle d’un juge intègre.
On parle souvent des grands westerns de cinéma, beaucoup moins de ceux qui ont fini sur le petit écran. Et c’est sans doute ce qui est arrivé à The Jack Bull, téléfilm HBO sorti en 1999, aujourd’hui largement oublié malgré un casting solide et une vraie noirceur.
Un western HBO passé sous le radar
Dans la carrière de John Goodman, le cas est assez rare pour être noté. L’acteur n’a tourné qu’un seul western, The Jack Bull, où il partage l’affiche avec John Cusack. Le film suit un marchand de chevaux du Wyoming, Myrl Redding, opposé à un propriétaire local brutal et corrompu.
La réalisation est signée John Badham, connu entre autres pour Saturday Night Fever, Short Circuit et Nick of Time. Le scénario, lui, vient de Dick Cusack, le père de John Cusack. Il s’inspire librement de Michael Kohlhaas, roman publié en 1810 par Heinrich von Kleist, lui-même nourri d’un récit du XVIe siècle autour du marchand allemand Hans Kohlhase. Le pedigree est costaud.
Une vengeance qui vire au drame
Le cœur du film, c’est un conflit simple qui dégénère très vite. Quand Myrl Redding tente d’emmener ses chevaux au marché, Henry Ballard, un riche propriétaire incarné par L.Q. Jones, lui impose un péage. Les deux hommes s’opposent déjà sur la question du passage du Wyoming au statut d’État.
Redding refuse de payer et laisse deux chevaux sur place. Quand il revient, il les découvre maltraités et affamés. Il tente alors d’obtenir réparation par la voie légale, sans succès. Résultat, il prend les armes et lance sa propre guerre contre Ballard et ses hommes, aidé par ses ranch hands et une troupe de miliciens recrutés.
Le film n’adoucit rien. Miranda Otto joue Cora, l’épouse de Redding, rapidement tuée dans l’escalade. À partir de là, tout devient plus sombre, jusqu’à une fin franchement brutale. Pas le western réconfortant du dimanche.
Pourquoi John Goodman marque autant ?
John Goodman arrive quand la situation a déjà explosé. Il joue le juge Joe B. Tolliver, un homme droit, bienveillant, mais assez lucide pour comprendre que la tragédie aurait pu être évitée si la justice avait fait son travail plus tôt. C’est ce rôle-là qui reste en tête.
L’accueil critique a été plutôt bon. Sur Rotten Tomatoes, le film affiche 80%, avec un total limité à cinq critiques. Dans Variety, Laura Fries a qualifié la performance de John Goodman d’« exceptionnelle ». Du côté de l’Austin Chronicle, Louis Black a salué un « western étonnamment sophistiqué », en citant aussi Goodman parmi les points forts.
Et il n’est pas seul à tenir le film. John Cusack a lui aussi reçu de bons retours, tout comme John C. McGinley, qui joue un fidèle compagnon de Redding. Bref, un western discret, très noir, mais loin d’être anodin.