Samir Nasri dans le viseur du fisc après des commandes Déliveroo suspectes

Image d'illustration. Application DeliverooADN
L’ex-international français Samir Nasri fait l’objet d’un contrôle fiscal après que l’administration a repéré d’importantes dépenses sur la plateforme de livraison de repas Deliveroo, soulevant des questions sur la justification de ces frais par le sportif retraité.
Tl;dr
- Le fisc soupçonne Samir Nasri de résider à Paris.
- Des commandes Deliveroo et des vols soutiennent ces soupçons.
- Nasri conteste un redressement fiscal de 5,51 millions d’euros.
Des éléments numériques sous surveillance
Dans un monde toujours plus connecté, les traces que nous laissons sur Internet peuvent parfois se retourner contre nous. L’affaire qui secoue actuellement l’ex-footballeur professionnel Samir Nasri en est une illustration frappante. Désormais consultant pour Canal+, l’ancien international français, qui revendique sa résidence fiscale à Dubaï, fait face à une enquête minutieuse menée par le fisc français. En cause : des indices numériques et matériels qui tendraient à prouver que son véritable centre de vie serait situé à Paris.
Deliveroo, vols et propriétés : un faisceau d’indices
C’est notamment une série impressionnante de commandes – pas moins de 212 livraisons effectuées via Deliveroo en 2022, toutes adressées à une même localisation parisienne – qui alimente les soupçons. Mais ce n’est pas tout. L’administration fiscale s’appuie également sur d’autres éléments concordants :
- la possession de trois biens immobiliers à Paris,
- les données fournies par plusieurs compagnies aériennes, révélant entre 126 et 208 jours passés en France chaque année entre 2021 et 2023, bien davantage que dans la péninsule arabique.
Autant d’arguments qui viennent étayer la thèse d’une résidence fiscale française pour Samir Nasri.
Sous la menace d’un redressement fiscal record
Ces soupçons ne sont pas sans conséquence. L’enquête a débouché sur un projet de redressement fiscal chiffré à 5,51 millions d’euros. Poussant plus loin leurs investigations, les autorités françaises auraient procédé à l’hypothèque d’un bien appartenant au joueur dans la capitale, ainsi qu’à la saisie de ses comptes bancaires auprès de la banque Edmond de Rothschild. Autant dire que l’étau se resserre autour du sportif.
Une contestation ferme et des recours juridiques en cours
Face à cette offensive judiciaire, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les avocats de l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille, contestant fermement les accusations portées contre leur client, ont déposé un appel. Ils dénoncent même une « insécurité juridique apportée par la décision du tribunal judiciaire, qui approuve des saisies conservatoires sans titre exécutoire ». Reste à savoir si ces arguments suffiront devant les juridictions compétentes pour inverser une situation devenue très délicate pour Samir Nasri.