Les professeurs des écoles « motivés », mais « insatisfaits »
Un sondage réalisé auprès de 5.555 enseignants d'écoles primaires jugent que leur métier s'est dégradé au fil des années. Pourtant, il en ressort qu'ils sont plus "motivés".
L’enquête en question a été réalisée à la demande du SNUipp-FSU, syndicat principal présent dans les classes de primaire. Elle porte sur le degré de satisfaction de quelque 5.555 professeurs des écoles, les « instits », oeuvrant dans les établissements publics.
De ce sondage Harris Interactive effectué en décembre, il ressort que si les professeurs se montrent plus « motivés » qu’il y a un an, ils trouvent en revanche que le métier s’est dégradé au cours de ces dernières années.
58% des instits insatisfaits
« Insatisfaction » pour 58% des sondés, « dégradation » des conditions de travail pour 88%, le tableau semble bien noir. Pour autant, le moral n’est pas en berne; en effet, par rapport aux résultats de la précédente enquête, réalisée en 2014, ils sont 8 sur 10 (+7 points) à se déclarer « fiers » et pour 75% (+6 points), « motivés ». Par ailleurs, le « stress », l’« impuissance » ou la « déception », quand bien même étant encore à de hauts niveaux, sont en recul.
Mais Sébastien Sihr, secrétaire général du syndicat ayant passé commande du sondage, résume à l’AFP : « à 18 mois de la fin du quinquennat qui avait donné la priorité à l’école primaire, le fossé tend à se creuser entre d’un côté la motivation des enseignants et la fierté (d’enseigner), et de l’autre l’insatisfaction envers un métier à bout de souffle ». De plus, il indique que les écoles doivent faire avec « des demandes sociales de plus en plus complexes, mais les enseignants ont l’impression qu’ils doivent les porter le plus souvent seuls ».
Quels sont les motifs de satisfaction ?
Mais outre la « fierté » d’enseigner, qu’est-ce qui les motive sur le long terme ? Le travail en équipe (51%) est une source de satisfaction, même si pour près de 9 professeurs sur 10, le temps manque à cette forme de collaboration et de solidarité. Côté diversité du programme qu’ils doivent enseigner, là encore la majorité est acquise (73% satisfaits). Idem concernant la répartition du temps de travail sur toute une année scolaire (56%).