Prix des carburants : les niveaux d’avant-guerre au Moyen-Orient ne sont pas près de faire leur retour

La flambée des prix des carburants, amorcée avant le conflit en Ukraine, s’est installée durablement. Plusieurs facteurs économiques et géopolitiques expliquent pourquoi un retour aux tarifs d’avant-crise paraît désormais hors de portée pour les automobilistes.

Vue détaillée d'une buse de carburant insérée dans un réservoir avec une palette de couleurs minimaliste
Image d'illustration. Gros plan d une buse de carburant dans un réservoir en palette minimaliste — ADN

Tl;dr

  • Prix des carburants en légère baisse après le cessez-le-feu.
  • Retour à la normale jugé impossible pour l’instant.
  • Baisse réelle retardée par l’écoulement des stocks existants.

Des prix en dents de scie depuis la reprise du conflit

Depuis le 28 février, date des premières frappes américaines au Moyen-Orient, les prix du pétrole n’ont cessé d’osciller, directement impactés par la situation géopolitique.

Une volatilité qui s’est répercutée sans délai sur les tarifs à la pompe : en France, le litre de gazole a atteint jusqu’à 2,37 euros et celui de SP95-E10 a franchi la barre symbolique des 2 euros. Mais un événement majeur vient tout juste de rebattre les cartes.

Cessez-le-feu précaire : effet limité mais réel sur les tarifs

L’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, officialisée mardi 7 avril 2026 par Donald Trump, a enclenché une première détente sur les prix. Selon Olivier Gantois, président de l’Ufip Énergies et Mobilités, cette semaine a vu une baisse allant « jusqu’à 10 centimes par litre ».

Néanmoins, cet ajustement reste modeste au regard de l’envolée antérieure des tarifs depuis fin février. Un constat partagé par Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Ufip Énergies et Mobilités, qui rappelle que « nous naviguons à vue avec ce conflit ».

L’incertitude plane toujours sur le marché pétrolier mondial

Si certains consommateurs espèrent retrouver des prix pré-conflit, la réalité s’avère bien plus nuancée. Interrogé ce vendredi 10 avril sur BFMTV-RMC, Michel-Édouard Leclerc, dirigeant emblématique du groupe éponyme, s’est montré réservé : « Je ne le sens pas », évoquant même un retour durablement impossible aux anciens niveaux. D’ailleurs, plusieurs facteurs entretiennent la pression sur le marché :

  • Détroit d’Ormuz toujours bloqué ; incertitude persistante.
  • Cotations du baril demeurant élevées.
  • Cessez-le-feu seulement temporaire pour l’instant.

Lente répercussion dans les stations-service françaises

Autre élément souvent sous-estimé : la mécanique logistique du secteur pétrolier. Avant que les baisses constatées sur les marchés internationaux ne se traduisent à la pompe, il faudra épuiser les stocks achetés au prix fort ces dernières semaines. En effet, il n’est pas permis aux distributeurs de vendre à perte un carburant déjà stocké. De fait, plusieurs jours seront nécessaires avant que le consommateur ne voie réellement une différence significative lors de son passage en station-service.

En attendant une publication officielle des nouveaux relevés du ministère de la Transition écologique — attendus en début de semaine prochaine — la prudence reste donc de mise face à toute prévision optimiste concernant l’évolution des prix à court terme.

Jérôme Nelra

Éditeur·rice

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