En bref
- 847 064 plaques auraient été volées
- Des faux SMS d’amende sont redoutés
- La vérification passe par le site officiel
Recevoir un SMS pour une amende impayée, ce n’est déjà pas rassurant. Le problème, ici, c’est qu’un escroc pourrait y ajouter votre vrai numéro de plaque, ce qui change tout.
C’est le risque mis en lumière après la revendication d’un vol massif de données par le pirate ChimeraZ. D’après les informations relayées par French Breaches, 847 064 plaques d’immatriculation françaises seraient concernées, avec pour une partie d’entre elles des noms, des adresses postales, des numéros de téléphone et des adresses e-mail.
Pourquoi cette fuite change la nature de l’arnaque
Le danger le plus immédiat, c’est le phishing, ou hameçonnage. Des fraudeurs peuvent envoyer des SMS ou des e-mails en se faisant passer pour l’ANTAI, l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions, en réclamant le paiement d’une amende inventée.
Ce type d’arnaque existe déjà. Mais avec une vraie plaque dans le message, la mécanique devient bien plus crédible. Vous voyez une information exacte, vous baissez la garde, et le lien malveillant paraît soudain plausible. C’est simple, et franchement efficace pour piéger dans l’urgence.
Ce que l’on sait du fichier mis en vente
Les chiffres avancés sont massifs. French Breaches, spécialisé dans la surveillance des fuites de données, indique que ChimeraZ a mis en vente un fichier sur un forum cybercriminel contenant 905 097 lignes de données.
Dans cet ensemble, il y aurait 506 003 adresses e-mail, 474 906 numéros de téléphone et donc 847 064 plaques. L’origine de la fuite, elle, reste floue. Le pirate évoque une vulnérabilité sur un site sans le nommer. Une faille du SIV, le Système d’immatriculation des véhicules géré par l’État, est évoquée sans confirmation à ce stade.
Autre point qui alourdit le dossier, ChimeraZ affirme qu’un second fichier pourrait encore sortir, avec probablement 2 millions de plaques.
Les réflexes à adopter face à un message suspect
Le premier réflexe est clair, ne cliquez sur rien. L’ANTAI n’envoie jamais de SMS avec un lien de paiement direct.
Si vous recevez un message suspect, la vérification doit se faire uniquement sur antai.gouv.fr, en entrant le numéro d’avis de contravention s’il est indiqué. Si rien n’est confirmé sur le site officiel, il s’agit d’une tentative d’escroquerie.
Il faut alors signaler le message sur cybermalveillance.gouv.fr. Ce dossier dépasse la simple fuite technique. Quand une base de données relie une plaque à des coordonnées, ce n’est plus seulement un incident informatique, c’est un outil très concret pour industrialiser de fausses amendes.