Paris : une mère condamnée à 8 ans de prison pour être partie en Syrie avec ses 3 enfants

Mercredi, le tribunal correctionnel de Paris a condamné une mère de famille à huit ans de prison pour être partie en Syrie avec ses trois enfants. Une peine supérieure à ce qu'avait requis le parquet.

Les faits ont débuté en mars 2017. Après la série d’attentats commis en France et notamment celui de Nice, une mère de famille domiciliée non loin, à Antibes, avait décidé de partir pour la Syrie en emmenant avec elle ses trois enfants, sa fille de 9 ans et ses deux garçons de 7 et 5 ans. Cette femme aujourd’hui âgée de 39 ans et qui est restée neuf mois à Idlib (nord-ouest) était jugée mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Partie s’installer en Syrie avec ses enfants, elle ne cesse de nier les faits

Accusée d' »association de malfaiteurs à visée terroriste » et de « soustraction d’enfants », la prévenue a été condamnée à huit ans de prison alors que le parquet en avait requis six. La peine rendue est assortie d’une période de sûreté des deux tiers, ajoute franceinfo qui rapporte l’information. La justice a ainsi estimé qu’il s’agissait là de la « seule peine adaptée » pour cette Italo-Marocaine n’ayant eu de cesse de nier les faits qui lui étaient reprochés, même « les évidences de ce dossier ».  Selon le tribunal, « c’était un départ préparé, dissimulé et pensé comme définitif ».
Sur place, la femme y avait épousé un « combattant » avec lequel elle entretenait jusqu’ici une relation en ligne. Cet homme appartenait au groupe rebelle islamiste Ahrar Al-Cham, certes non inscrit sur la liste internationale des organisations terroristes mais nouant néanmoins des « liens opérationnels avec Al-Qaida ». Le droit français pouvait de ce fait qualifier ce groupe de terroriste.

Des photos d’enfants morts dans son téléphone

En décembre 2017, alors qu’elle était enceinte de sept mois, cette mère de famille avait quitté la Syrie pour la Turquie, avant d’être expulsée vers l’Italie. C’est par l’émission d’un mandat d’arrêt qu’elle avait finalement retrouvé la France pour y être incarcérée. Sur elle, la femme avait des documents officiels du groupe rebelle de son époux et son téléphone contenait des clichés à la thématique bien précise : propagande djihadiste, exactions, armes, enfants soldats et d’autres morts.

Gael Brulin

Spécialiste International

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