En bref
- Le Mondial 2026 passe de 32 à 48 équipes
- Plus de pays qualifiés, mais des écarts marqués
- Le débat sur la valeur sportive reste entier
La Coupe du monde 2026 n’a pas attendu les matches à élimination directe pour relancer le débat sur son nouveau format. Avec 48 équipes pour la première fois, la compétition gagne en ouverture. Elle perd aussi, sur certains matches, en intensité sportive.
Une première phase plus large, mais pas toujours plus forte
Le changement est massif. On est passé de 32 à 48 sélections, de 8 à 12 groupes, et de 64 à 104 matches. Le tournoi s’étale sur trois pays, les États-Unis, le Mexique et le Canada, avec 16 stades mobilisés pour absorber un calendrier très chargé.
Cette montée en volume se voit tout de suite. La première phase a offert du spectacle, des stars en vue, mais aussi des affiches très déséquilibrées. Et comme seules 16 équipes sur 48 sont sorties dès ce premier tour, le suspense a parfois semblé limité.
La Fifa pousse l’idée d’un Mondial plus universel
Quand la réforme a été adoptée en 2017, le président de la Fifa, Gianni Infantino, défendait l’idée que toutes les nations devaient pouvoir rêver et que le football ne se résumait ni à l’Europe ni à l’Amérique latine. La logique reste la même aujourd’hui, avec un tournoi pensé à une échelle encore plus large.
Derrière l’argument sportif, il y a aussi un enjeu d’influence. La Fifa, forte de 211 associations membres, cherche à embarquer davantage de zones géographiques. Vincent Chaudel, fondateur de l’Observatoire du sport business, y voit une stratégie globale mêlant développement, poids politique et recettes supplémentaires grâce aux droits TV et aux revenus commerciaux.
Des nouveaux venus, et quelques arguments pour les défendre
L’élargissement a au moins un effet clair, il ouvre la porte à des pays qui seraient restés dehors avec l’ancien système. Haïti, l’Écosse, la Nouvelle-Zélande, la Jordanie, Curaçao, le Cap-Vert ou encore l’Ouzbékistan ont pu rejoindre le tournoi.
Le cas du Cap-Vert pèse dans le débat. Sa qualification pour les 16es de finale donne un argument concret aux défenseurs de la réforme. Pour eux, l’intérêt du nouveau format ne se limite pas aux grandes puissances.
Des scores lourds et un suspense jugé trop faible
Mais les critiques restent nettes. Lionel Messi, 39 ans, compte déjà cinq buts en deux matches et a porté son record en phase finale à 18 réalisations. Kylian Mbappé a signé un doublé contre l’Irak et totalise 16 buts en trois éditions. Cristiano Ronaldo, 41 ans, a lui aussi marqué deux fois face à l’Ouzbékistan.
Ces cartons nourrissent l’idée d’un premier tour trop inégal. José Mourinho l’a dit franchement dans une critique très directe, « Pour certains matchs, je décroche au bout de dix minutes ». À l’inverse, Samuel Eto’o, aujourd’hui président de la fédération camerounaise, estime que ce format donne enfin à l’Afrique la place qu’elle mérite sur la scène mondiale.
Le débat ne va pas s’éteindre. Gianni Infantino garde même en réserve une formule à 64 équipes, preuve que le chantier du Mondial n’est sans doute pas terminé.