Marine Le Pen devant la cour d’appel : quel impact pour sa candidature en 2027 ?

Image d'illustration. Balance ancienne sur bureau en boisADN
Le procès en appel de Marine Le Pen débute ce mardi. Cette procédure judiciaire intervient alors que la présidente du Rassemblement national se positionne déjà pour l’élection présidentielle de 2027, dont l’issue pourrait dépendre de cette décision.
Tl;dr
- Le procès en appel de Marine Le Pen débute à Paris.
- L’inéligibilité pourrait l’empêcher de se présenter en 2027.
- Jordan Bardella pressenti comme possible remplaçant au RN.
Un procès déterminant pour l’avenir du RN
Tandis que le Rassemblement national connaît une dynamique électorale sans précédent avec 120 députés à l’Assemblée nationale, son avenir à la présidentielle de 2027 semble plus incertain que jamais.
La raison ? Depuis ce mardi 13 janvier, s’est ouvert à Paris le procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, où la cheffe du parti, Marine Le Pen, joue littéralement son avenir politique.
Retour sur un « système » jugé frauduleux
À l’origine de cette affaire retentissante, le tribunal correctionnel avait condamné le 31 mars 2025 un total de vingt-cinq personnes – dont Marine Le Pen, d’anciens eurodéputés et le parti lui-même – pour avoir mis en place entre 2004 et 2016 un « système » permettant d’employer des salariés du parti grâce aux fonds du Parlement européen.
Selon les juges, il ne s’agissait pas simplement d’« erreurs administratives ou d’incompréhension par les députés de règles européennes confuses, mais de détournements dans le cadre d’un système mis en place pour alléger les charges du parti ». Le préjudice final pour l’institution européenne a été chiffré à plus de 3,2 millions d’euros, bien qu’une partie des sommes ait déjà été remboursée.
L’inéligibilité immédiate et ses conséquences politiques
La condamnation a été lourde pour la figure du RN : quatre ans de prison dont deux ferme, une amende de 100 000 euros et surtout cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Les juges ont tenu à rappeler que l’exécution provisoire visait à éviter tout « régime de faveur incompatible avec la confiance recherchée par les citoyens dans la vie politique ».
Dès lors, sauf relaxe ou réduction significative de peine lors du procès en appel, la patronne du RN pourrait se retrouver hors-jeu pour la prochaine présidentielle.
Bardella en embuscade et scénarios alternatifs
La décision définitive est attendue à l’été prochain, sans date précise annoncée. Si la condamnation est confirmée, il paraît difficilement envisageable que Marine Le Pen puisse briguer un quatrième mandat présidentiel. Dans ce cas, c’est vers son dauphin naturel, le jeune président du parti Jordan Bardella, que tous les regards se tourneraient.
Quelques hypothèses subsistent toutefois. En cas de relaxe totale ou partielle – par exemple si l’inéligibilité était supprimée ou réduite –, sa candidature resterait possible. Mais faire campagne sous le coup d’une condamnation pénale fragiliserait inévitablement sa position. Par ailleurs, une éventuelle procédure devant la Cour de cassation, si elle venait à être lancée après l’appel, pourrait encore retarder le verdict final… sans certitude sur son calendrier avant 2027.
Ainsi, alors que le RN avance en terrain électoral favorable, son avenir présidentiel dépend désormais plus des salles d’audience parisiennes que des urnes.