En bref
- Tigst Assefa a gagné à Berlin blessée
- Opération du tendon d’Achille dès le lendemain
- Le diagnostic exact fait encore débat
Tigst Assefa a remporté dimanche 27 septembre le marathon de Berlin en 2 h 11 min 4 s, avant d’être opérée lundi 28 septembre en Bavière. À 29 ans, l’Éthiopienne a signé son record personnel et le troisième meilleur temps de l’histoire chez les femmes, malgré une blessure au tendon d’Achille apparue en fin de course.
Une victoire signée dans la douleur
Jusqu’au 40e kilomètre, Tigst Assefa courait sur des bases de record du monde. Puis son allure a changé. Sur les images de l’arrivée, on la voit grimacer, ralentir, puis boiter dans les deux derniers kilomètres.
Elle s’est pourtant imposée pour la troisième fois à Berlin. Le directeur de course Mark Midle avait simplement indiqué dimanche qu’elle souffrait du tendon d’Achille droit. L’ampleur réelle de la blessure n’a été précisée que le lendemain.
Ce que dit l’entourage d’Assefa
Son manager, Gianni Demadonna, a affirmé que la douleur avait commencé après 31 kilomètres, avant de s’intensifier après le 40e. Selon lui, le tendon avait perdu toutes ses fibres sur la toute fin de course et était complètement déchiré à l’arrivée.
Il a aussi expliqué que la coureuse ne pouvait plus bouger après la ligne. Elle a ensuite été transportée en avion privé vers une clinique spécialisée en Bavière, où elle a été opérée lundi.
Plus tard, Gianni Demadonna a résumé la scène ainsi : « Si vous regardez les images, elle courait sur une jambe ». La formule frappe, et les images du final vont dans ce sens.
Pourquoi finir reste possible, mais pas forcément avec une rupture totale
C’est là que le dossier devient plus technique. Le chirurgien orthopédique Bruno Levy rappelle qu’une rupture du tendon d’Achille peut être très douloureuse, mais qu’une personne peut parfois encore poser le pied au sol, voire marcher en boitant.
En revanche, il appelle à la prudence sur le mot rupture totale. Il le dit clairement : « Attention, rupture totale, c’est son manager qui le dit, pas un médecin : il faut être prudent, ça peut être de la com’ ». Son analyse est simple : avec un tendon totalement rompu, courir normalement devient mécaniquement très difficile, voire impossible.
Même constat chez un podologue rennais interrogé sur ce type de blessure. Pour avancer, le mollet doit transmettre sa force au talon par le tendon d’Achille. Si ce lien est rompu, la propulsion disparaît. Reste une nuance, quand même : chez une athlète de très haut niveau, d’autres muscles et tendons peuvent compenser partiellement, au moins sur une courte distance. Les endorphines, l’adrénaline et la volonté ont aussi pu jouer.
Une longue coupure se profile
Déjà touchée à un tendon d’Achille il y a dix ans, Tigst Assefa devrait maintenant observer sept mois d’arrêt, toujours selon son entourage. Un retour au marathon de Londres, en avril 2027, est évoqué.
Pour la suite, tout dépendra du compte rendu médical complet. Une chose est sûre, la victoire de Berlin ne se lira pas seulement au chrono.