Malgré la crise, l’argent de poche reste dans les habitudes

Image d'illustration. Des enfants comptent leur argent de pocheADN
Alors que l’inflation pèse sur les budgets familiaux, de nombreux adolescents continuent de recevoir régulièrement de l’argent de poche. Malgré la crise économique, ce petit coup de pouce mensuel demeure une habitude bien ancrée dans les foyers français.
Tl;dr
- L’argent de poche des ados baisse en 2025.
- Énormes écarts entre établissements publics et privés.
- Inflation, parents prudents : pas d’augmentation générale.
Des disparités marquées selon les établissements
Difficile, cette année encore, de parler d’égalité devant l’argent de poche. Si la moyenne nationale recule à 26 euros mensuels pour les adolescents en 2025, la réalité sur le terrain dépeint un tableau bien plus contrasté. Dans certains lycées privés du centre-ville de Strasbourg, les sommes atteignent parfois des sommets. Ainsi, Quentin, élève dans l’enseignement privé, dispose de 250 euros chaque mois – mais il doit tout assumer : repas quotidiens, vêtements ou rendez-vous chez le coiffeur. D’autres témoignages évoquent même des montants frôlant les 400 euros, repas compris. À l’inverse, dans les établissements publics environnants, beaucoup d’élèves se contentent de 30 euros… voire n’ont rien du tout.
Une tendance à la baisse malgré l’inflation
Paradoxalement, alors que l’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat familial, rares sont les adolescents ayant bénéficié d’une revalorisation. Le dernier baromètre du Teenage Lab de Pixpay, start-up spécialisée dans les cartes de paiement pour mineurs, confirme une baisse de 10 % sur un an. Pour ceux qui arrondissent leurs fins de mois grâce à quelques « petites tâches rémunérées » (baby-sitting ou lavage de voiture), le recul s’accentue même jusqu’à 24 %. De quoi renforcer ce sentiment partagé par Lise ou Théo : il faut souvent ruser ou vendre ses effets personnels pour étoffer son pécule mensuel.
L’argent circule… mais pas partout ni pareil
Si la région Grand-Est affiche une moyenne légèrement supérieure avec 27 euros par mois, la diversité des situations interroge. En périphérie comme au centre-ville, certains jeunes ne perçoivent aucune somme fixe ; d’autres voient leurs parents couvrir directement besoins alimentaires ou transports et ne rechargent leur carte que ponctuellement. La fréquence des versements reste variable : selon Teenage Lab, seulement 58 % des adolescents bénéficient d’un virement régulier.
Pour clarifier ces différences entre collégiens et lycéens :
- Collégiens : en moyenne autour de 20 euros par mois.
- Lycéens : plutôt entre 30 et… parfois plus de 100 euros mensuels dans le privé.
Derrière chaque euro donné : la gestion parentale
Autre enseignement du baromètre : la gestion parentale demeure centrale. Les mères sont majoritairement aux commandes (75 %) quand il s’agit d’allouer cet argent ; les pères donnent plus rarement, mais accordent en moyenne un montant supérieur (29 contre 25 euros). Certains ajustent ponctuellement selon les besoins – « S’il a besoin, on rajoute quand c’est possible… Mais vu que tout augmente, ça revient à une baisse pour eux », confie Fathia, mère d’un lycéen.
Derrière ces chiffres se cachent de véritables arbitrages familiaux où le souci éducatif côtoie l’impératif budgétaire. Et où l’entrée dans la vie économique commence parfois très tôt… mais pas avec les mêmes moyens pour tous.