Les pharmacies menacent de fermer leurs portes en septembre, une grève durable à prévoir ?

Image d'illustration. Vue extérieure pharmacieADN
À l’approche de la rentrée, un mouvement de grève nationale pourrait perturber l’accès aux pharmacies. De nombreux établissements menacent de fermer leurs portes dès septembre, laissant craindre une interruption prolongée de ce service essentiel pour les patients.
Tl;dr
- Remises sur génériques plafonnées, colère des pharmaciens.
- Mobilisation et fermetures de pharmacies prévues à la rentrée.
- Procédures juridiques engagées contre l’État par les syndicats.
Remises sur les génériques : le point de rupture
La tension monte d’un cran chez les pharmaciens d’officine. Depuis la publication, ce mercredi 6 août 2025, de l’arrêté au Journal officiel qui acte la diminution des remises commerciales consenties par les laboratoires sur les médicaments génériques, la profession ne décolère pas.
Désormais, à compter du 1ᵉʳ septembre, le plafond des remises sera abaissé à 30 %, puis tombera à 20 % dès 2027. Une décision qui intervient alors que ces ristournes pouvaient atteindre jusqu’à 40 % du prix fabricant hors taxes.
Mobilisation croissante et appel à la grève
La réaction ne s’est pas fait attendre. Les principales organisations syndicales — FSPF, Uspo, UNPF, Federgy, et UDGPO — dénoncent ce qu’elles qualifient de « trahison actée ». Pour elles, il s’agit ni plus ni moins que d’une « lutte à mort contre les pharmaciens ». L’intersyndicale promet donc une rentrée sous haute tension et a déjà fixé plusieurs rendez-vous pour amplifier son mouvement. Parmi les actions envisagées :
- Fermeture totale des pharmacies le 16 août, puis le 18 septembre.
- Mise en place de fermetures tous les samedis dès le 27 septembre.
Ce calendrier stratégique entend interpeller non seulement le Parlement mais également l’opinion publique, que la profession tente activement de rallier à sa cause.
Bataille judiciaire annoncée
Outre la mobilisation sur le terrain, le bras de fer s’exporte désormais sur le plan juridique. Ainsi, l’Uspo, dans un communiqué distinct, a annoncé préparer une double offensive judiciaire contre l’État.
D’un côté une question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil constitutionnel, de l’autre un recours administratif pour « inaction en matière d’accès aux soins ».
L’enjeu financier et la grogne persistante
Il faut dire que derrière cette réforme se cache un objectif affiché du gouvernement : réaliser pas moins de 1,7 milliard d’euros d’économies sur la santé en 2025, dont 500 millions spécifiquement ciblés sur le médicament. Mais ce choix fait grincer des dents sur le terrain. Fin juillet déjà, Philippe Besset, président de la FSPF, s’interrogeait publiquement : « Est-ce que, pour une fois, la profession pourrait être récompensée de son engagement… et non pas être vue comme une vulgaire variable d’ajustement comptable ? ».
Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir des officines et l’organisation du réseau pharmaceutique français.