Les footballeuses s’insurgent contre l’absence persistante de convention collective dans leur discipline

Image d'illustration. Footballeuse professionnelle en actionADN
Alors que le football féminin français ne dispose toujours pas d’une convention collective, les joueuses expriment leur mécontentement face à une situation qu’elles jugent inacceptable, mettant en lumière l’absence de cadre légal pour leurs conditions de travail.
Tl;dr
- Blocage sur la convention collective des footballeuses professionnelles.
- Droit à l’image : principal point de désaccord.
- Contexte difficile pour le football féminin en France.
Le statu quo qui exaspère les joueuses
La frustration ne cesse de grandir chez les capitaines des équipes du championnat de France féminin, qui dénoncent, dans une récente tribune, l’absence d’avancée significative sur la signature tant attendue d’une convention collective des footballeuses professionnelles.
Voilà maintenant trois saisons que les discussions stagnent, suscitant incompréhension et impatience. La création, en juillet 2024, de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) avait pourtant nourri l’espoir d’un accord rapide, notamment après l’adoption d’une recommandation patronale visant à protéger la maternité des joueuses. Mais à ce jour, le statut de professionnelle demeure flou.
Droit à l’image : un blocage persistant
Malgré plusieurs avancées sur des points clés — comme le pécule de fin de carrière ou encore le maintien du salaire en cas de blessure — un sujet cristallise désormais toutes les tensions : le droit à l’image.
Selon Vincent Ponsot, président du collège du football féminin chez Foot Unis, il ne reste qu’un obstacle majeur : « Il manque l’essentiel ». L’UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) souhaite commercialiser l’image des joueuses avec les logos des clubs, une proposition catégoriquement rejetée par Foot Unis. Sur ce point précis, la responsabilité du blocage se renvoie d’un camp à l’autre.
Tensions entre acteurs et effet miroir attendu
Cette situation complexe provoque un agacement palpable. Ainsi, la capitaine tricolore Griedge Mbock regrettait déjà en avril que « les autres championnats avancent et nous bloquons encore sur certains points », jugeant cette inertie « handicapante pour le foot féminin français ». Le vice-président de l’UNFP, Fabien Safanjon, espère pour sa part « un effet miroir avec la convention signée en Ligue 3 masculine en six mois seulement ». Si la dernière version proposée par les clubs inclut désormais le maintien du salaire en cas de blessure durant 90 jours, elle reste sans réponse officielle du syndicat.
Pour mieux comprendre ces crispations, voici les principaux points ayant fait débat lors des négociations :
- Pécule de fin de carrière
- Droit à l’image
- Maternité et durée minimale des contrats fédéraux à mi-temps
- Salaire en cas de blessure ou gestion des “lofts”
L’avenir incertain du football féminin français
À ce contexte déjà tendu s’ajoute une situation économique délicate pour nombre d’équipes féminines, pénalisées indirectement par la crise qui frappe les clubs masculins après l’effondrement des droits TV. La section féminine de Dijon, cinquième du championnat, n’échappe pas au risque : sans repreneur, elle pourrait devoir abandonner son statut professionnel.
Tandis que le directeur général de la LFFP, Paul-Hervé Douillard, espère une issue rapide — sans toutefois avancer la moindre date — il apparaît clair que seule une mobilisation concertée permettra d’assurer un avenir stable et équitable au football féminin hexagonal.