Les botanistes votent la modification de noms de plantes jugés racistes

Au cours du 20ème Congrès international de botanique, un débat a surgi concernant le renommage d'une centaine de plantes aux noms à connotations racistes, une proposition à laquelle la commission responsable de la nomination des animaux est opposée. N'est-ce pas intéressant de constater ces différences d'opinions au sein du même domaine scientifique ?

Plante
Image d'illustration. Plante — ADN

TL;DR

  • Le 20ᵉ Congrès international de botanique décide de renommer plus de 200 plantes à connotation raciste.
  • « Caffra » deviendra « Affra » à partir de 2026, et d’autres noms seront également modifiés.
  • Cette décision provoque des préoccupations notamment d’ordre informatique et juridique.

Réunis à Madrid au 20ᵉ Congrès international de botanique, les botanistes du globe ont franchi un pas vers une nomenclature plus respectueuse et inclusive. Avec une majorité de 63%, ils ont voté un grand changement de nom pour plus de 200 plantes, champignons et algues dont la connotation raciste suscite désormais la controverse.

Le poids des mots dans la nomenclature

La modification concerne en premier lieu, un terme prêtant à controverse : « caffra ». Ce mot est dérivé de l’arabe « kafir », qui signifie non-croyant . Il a été utilisé pour stigmatiser péjorativement l’ensemble des populations noires durant l’Apartheid en Afrique du Sud. « D’abord utilisé pour toute la population noire, le terme a ensuite visé certains habitants d’Afrique australe jugés inférieurs, avant de concerner tous les Noirs d’Afrique du Sud au XXe siècle ».

Un nom pour honorer, plutôt que dénigrer

À compter de 2026, ce mot contesté ne sera plus attribué aux plantes. Ainsi, le mot « Caffra » devient « Affra », plus respectueux de ses origines africaines. Parmi les plantes concernées figurent notamment l’Erythrina Affra, la Protea Affra ou encore la Dovyalis Affra.

Des changements qui suscitent des préoccupations

Ces changements, bien que largement approuvés par la communauté botanique, ne sont pas sans susciter un certain nombre d’inquiétudes . Alina Freire-Fierro, botaniste à l’université technique de Cotopaxi en Équateur, exprime ses réticences face aux conséquences potentielles de ces ajustements sur divers domaines : « Cela pourrait causer beaucoup de confusion et de problèmes dans de nombreux autres que la botanique » mentionne-t-elle, évoquant notamment des problèmes informatiques ou juridiques.

En revanche, il convient de noter que la Commission internationale de la nomenclature zoologique, pour l’instant, ne semble pas prête à entreprendre une réforme similaire pour les animaux.

Jérôme Nelra

Spécialiste Environnement

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