Le PlayStation Store de Sony visé pour abus de position dominante

Image d'illustration. PlayStation StoreSony / PR-ADN
Sony est confronté à une plainte pour pratiques anticoncurrentielles au Royaume-Uni, avec une action en justice évaluée à 2,7 milliards de dollars. L’affaire pourrait avoir d’importantes répercussions pour le secteur du jeu vidéo et ses consommateurs britanniques.
Tl;dr
- Sony est poursuivi au Royaume-Uni pour pratiques commerciales abusives sur le PlayStation Store, avec un risque de condamnation pouvant atteindre 2 milliards de livres sterling.
- L’action collective « opt-out » concerne 12,2 millions de joueurs britanniques, qui pourraient recevoir environ 162 livres sterling chacun si la justice leur donne raison.
- Les plaignants dénoncent une position dominante de Sony et des commissions élevées, tandis que l’entreprise invoque la sécurité et l’équilibre économique de ses consoles, dans le sillage du précédent Apple.
Un géant du jeu vidéo dans la tourmente judiciaire
Alors que le secteur du numérique multiplie les actions en justice, une nouvelle affaire antitrust éclate au Royaume-Uni. Cette fois-ci, c’est Sony qui se retrouve sous le feu des projecteurs. Accusé de pratiques commerciales abusives sur sa plateforme emblématique, le PlayStation Store, le géant japonais pourrait être condamné à verser près de 2 milliards de livres sterling (soit environ 2,7 milliards de dollars) pour avoir, selon la plainte, « exagérément surfacturé ses clients britanniques pour les jeux et contenus numériques. »
Une action collective d’ampleur inédite
S’appuyant sur une procédure « opt-out », l’action vise pas moins de 12,2 millions de joueurs ayant acquis une console PlayStation et réalisé des achats numériques via la boutique en ligne entre août 2016 et février 2026. Tous les utilisateurs remplissant ces critères sont automatiquement inclus dans cette démarche collective et pourraient prétendre à une indemnisation d’environ 162 livres sterling par personne, si la justice leur donne raison.
L’emprise de Sony pointée du doigt
Au cœur du dossier, un argument central : selon les plaignants, Sony détiendrait quasiment un monopole sur la distribution numérique de jeux et contenus additionnels pour ses consoles. Ce pouvoir lui permettrait d’imposer ses propres prix tout en prélevant une commission substantielle, jusqu’à 30%, sur chaque vente. Les consommateurs n’auraient ainsi d’autre choix que de passer par le PlayStation Store pour leurs achats numériques.
En réponse à ces accusations, l’entreprise nipponne avance plusieurs arguments : autoriser les téléchargements depuis des plateformes tierces comporterait des risques accrus en matière de sécurité et de protection des données personnelles. Par ailleurs, elle affirme que la commission appliquée permettrait d’équilibrer les faibles marges réalisées lors de la vente initiale des consoles.
Voici les principaux griefs adressés à Sony :
- Une position dominante sur la distribution numérique PlayStation.
- Une commissions élevées jugées préjudiciables pour l’utilisateur final.
- Un prix imposés, sans alternative crédible pour les consommateurs.
L’ombre du précédent Apple
Cette procédure n’arrive pas par hasard : elle fait suite au jugement rendu en octobre contre Apple, également accusée d’abus de position dominante avec son App Store. Si la marque à la pomme a immédiatement contesté l’amende record de 1,5 milliard de livres infligée par le tribunal britannique, ce précédent pèse indéniablement dans l’affaire actuelle visant Sony. La question centrale reste posée : jusqu’où peut aller le contrôle exclusif d’un écosystème numérique ?