Le pari fou derrière le succès d’Aliens, le retour

Image d'illustration. Aliens, le retourBrandywine Productions / PR-ADN
Aliens, le retour a failli perdre son héroïne principale après une négociation chaotique entre James Cameron, 20th Century Fox et les agents de Sigourney Weaver.
Tl;dr
- James Cameron a pris un énorme risque en réalisant la suite d’Alien qui se transforme en une œuvre plus orientée action.
- Le réalisateur a découvert que Sigourney Weaver n’était pas engagée pour reprendre le rôle d’Ellen Ripley, ce qui a provoqué une négociation tendue avec le studio.
- Grâce à un bluff orchestré pour faire pression sur les agents de l’actrice, James Cameron a finalement obtenu son retour, contribuant au succès majeur du film et à la naissance d’une héroïne devenue mythique.
Un tournant risqué pour James Cameron
La suite d’Alien, confiée à James Cameron, n’avait rien d’une évidence. Sortant tout juste du succès de Terminator, le cinéaste prenait un risque : s’atteler à la suite d’un film culte réalisé par un autre, avec tous les écueils que cela comporte. Entre mise en garde de proches, qui lui prédisaient l’échec personnel ou, au mieux, une réussite jamais totalement créditée, et attirance viscérale pour l’univers du film, Cameron avoue aujourd’hui avoir agi par passion plus que par stratégie réfléchie.
Le casse-tête Sigourney Weaver
Au cœur de l’affaire, une donnée essentielle : la présence de Sigourney Weaver. Dès le départ, la production de 20th Century Fox assure au réalisateur qu’elle dispose déjà de l’actrice grâce à une clause contractuelle. Or, cette affirmation se révélera pure invention : ni option ni discussion en cours. En découvrant la supercherie, James Cameron doit contacter directement Sigourney Weaver, qu’il ne connaît pas, et lui transmettre le script fraîchement rédigé. Le suspense est total : si elle refuse, tout s’écroule.
En coulisses, l’actrice est séduite par le scénario mais ses agents réclament un cachet faramineux. Trop pour le studio, qui refuse net.
L’art du bluff selon James Cameron
Acculé, le réalisateur prend alors une décision inattendue. Il menace carrément de quitter le projet si Sigourney Weaver n’est pas engagée. « C’est là qu’avec Gale Anne Hurd nous avons tout arrêté et sommes partis nous marier à Hawaï », raconte-t-il avec amusement. Mais ce n’est pas tout : James Cameron sème délibérément la rumeur d’un scénario réécrit sans Ellen Ripley auprès de Lou Pitt, agent d’Arnold Schwarzenegger, sachant pertinemment que l’information atteindra l’équipe de Sigourney Weaver.
L’opération bluff fonctionne à merveille. L’équipe de l’actrice prend peur face à la possibilité d’un film sans elle ; en moins de douze heures, un accord est trouvé et Weaver décroche le cachet espéré. Voici les ressorts principaux de cette négociation rocambolesque :
- Mise sous pression du studio via menace crédible.
- Désinformation savamment orchestrée auprès des agents.
- Soutien indéfectible à l’idée centrale : Ellen Ripley devait être au centre du film.
L’héritage durable d’Aliens, le retour
Ce pari osé bouleversera la saga : Aliens, le retour bascule dans l’action pure, transforme Ellen Ripley en héroïne iconique et engrange un succès massif (183 millions de dollars pour un budget inférieur à 20). Des années plus tard, fans et critiques continuent de débattre du virage opéré… mais tous reconnaissent la place fondamentale prise par ce deuxième volet dans la pop culture contemporaine.