L’Albanie confie le ministère des marchés publics à une intelligence artificielle

Image d'illustration. Tableau de bord numérique en gros planADN
En Albanie, une intelligence artificielle a été officiellement nommée à la tête du ministère des marchés publics. Cette initiative inédite marque une nouvelle étape dans l’intégration des technologies numériques au cœur des institutions gouvernementales.
Tl;dr
- Un ministre IA nommé pour gérer les marchés publics.
- Diella, assistante virtuelle, devient membre du gouvernement.
- Lutte contre la corruption et ambition d’intégrer l’UE.
Une première mondiale en Albanie : l’IA entre au gouvernement
La nomination d’un ministre généré par intelligence artificielle vient bouleverser la scène politique en Albanie. Jeudi 11 septembre, le Premier ministre Edi Rama, tout juste reconduit pour un quatrième mandat à la tête du pays, a dévoilé lors d’un rassemblement du Parti socialiste son choix inédit : confier à une entité virtuelle la gestion des marchés publics.
Un geste fort, qui intervient dans un contexte de volonté affirmée de modernisation administrative et de lutte contre la corruption.
Diella : de l’assistance numérique au pouvoir exécutif
Baptisée Diella, ce nouveau « ministre » n’a rien de traditionnel. Le nom, qui signifie « soleil » dans la langue locale, a été choisi pour incarner une approche lumineuse et transparente des affaires publiques. À l’origine, Diella avait vu le jour en janvier dernier sous la forme d’un simple assistant virtuel.
Sa mission initiale ? Aider les citoyens à naviguer sur la plateforme officielle e-Albania, facilitant l’accès à plus de 36 000 documents numériques et près d’un millier de services administratifs en quelques mois seulement.
Des ambitions claires pour la transparence et l’innovation
Le passage de Diella du statut d’assistante numérique à celui de membre du gouvernement traduit une rupture symbolique mais aussi très concrète. Désormais, elle sera chargée – sans présence physique – de toutes les décisions liées aux appels d’offres publics. Selon les mots mêmes du Premier ministre : « Il ne s’agit pas de science-fiction mais du devoir de Diella ». Et pour renforcer cette innovation, Diella aura aussi l’autorité pour « recruter des talents dans le monde entier ».
Parmi les objectifs affichés par M. Rama figure la volonté farouche d’assainir les procédures publiques. La lutte contre la corruption demeure un passage obligé pour que ce petit pays des Balkans – peuplé de 2,8 millions d’habitants – espère intégrer un jour l’Union européenne (UE). D’ailleurs, Edi Rama ne cache pas son ambition : voir l’Albanie rejoindre le bloc européen avant 2030.
L’IA au service d’une candidature européenne
En somme, cette expérimentation inédite avec Diella se veut le symbole d’une Albanie tournée vers l’avenir et prête à embrasser une administration plus efficace et éthique. Reste à voir si cette avancée technologique saura convaincre les institutions européennes… ou inspirer d’autres nations.