La production de miel en France connaît un bond spectaculaire en seulement un an

Image d'illustration. Pots de miel fraîchement récolté sur table en bois rustiqueADN
La production de miel en France a connu une hausse spectaculaire sur la dernière année. Portée par des conditions climatiques favorables et une floraison abondante, la récolte nationale a atteint un niveau inédit depuis plusieurs années.
Tl;dr
- Récolte de miel 2025 en forte hausse : +90 %.
- Sud-Est frappé par la canicule, lavande touchée.
- Climat instable, moitié du miel encore importée.
Météo clémente au Nord, désastre au Sud-Est
Alors que l’année 2025 s’achève sur une note sucrée pour les amateurs de miel, le bilan dressé par l’Union nationale de l’apiculture française révèle un contraste saisissant entre les régions. Les apiculteurs du Nord, de l’Ouest, de l’Est et du Centre ont profité d’un printemps exceptionnellement favorable, propulsant la récolte nationale à des sommets inégalés depuis 2004.
Pourtant, dans le Sud-Est, la situation demeure préoccupante : une poignée de jours de canicule a suffi à anéantir presque totalement la production locale. Le cas du célèbre miel de lavande en Provence est symptomatique : hors quelques îlots préservés, la récolte est qualifiée de « catastrophique » par le syndicat.
Production record… mais dépendance persistante aux importations
Côté chiffres, les apiculteurs français affichent entre 23 000 et 25 000 tonnes produites, soit un bond spectaculaire de +90 % par rapport à 2024 — année plombée par des gelées tardives et des pluies abondantes. Cette embellie surpasse même celle de 2023 (20 000 tonnes environ).
Malgré ce regain spectaculaire, la France couvre à peine la moitié de ses besoins nationaux. Chaque année, quelque 30 000 tonnes sont importées, attestant d’une dépendance structurelle qui persiste.
L’impact tangible du changement climatique
Derrière ce volume flatteur se cache une réalité plus contrastée. Le changement climatique accentue les disparités régionales et rend la récolte « de plus en plus capricieuse », d’après le syndicat. Tandis que certains miels tirent leur épingle du jeu — citons :
- Miel d’acacia, très abondant sauf dans le Sud-Ouest
- Miels de sapin et forêt, jugés satisfaisants
- Miel de montagne ou tilleul, généreux notamment en Bretagne et Auvergne
…d’autres variétés pâtissent clairement des aléas météorologiques. Les miellées méditerranéennes (romarin, thym, bruyère blanche) s’avèrent particulièrement maigres cette année.
Abeilles sous pression et perspectives incertaines
L’évolution récente n’efface pas les cicatrices d’un passé difficile pour le secteur apicole français. Depuis le milieu des années 1990 — période marquée par l’introduction des néonicotinoïdes — jusqu’au milieu des années 2010, la production nationale avait été divisée par deux selon le Cnrs.
Si ces pesticides ont été bannis en agriculture depuis 2018, les risques environnementaux demeurent forts pour les abeilles sauvages européennes. Face à cette fragilité, l’UNAF appelle d’ailleurs à soutenir les exploitations menacées dans certaines régions afin d’éviter un scénario noir pour l’apiculture française.
Un constat qui sonne comme une alerte autant qu’une invitation à surveiller de près les effets du climat sur cet or jaune tricolore.