La France diffère de quatre ans l’interdiction des gobelets plastiques : quelles raisons derrière ce recul ?

Image d'illustration. Verres en plastique colorés lors de fêtes d étéADN
Prévue initialement pour 2025, l’interdiction des gobelets en plastique jetables en France est finalement repoussée à 2029. Ce délai supplémentaire suscite interrogations et inquiétudes chez les défenseurs de l’environnement et les industriels.
Tl;dr
- L’interdiction des gobelets plastiques repoussée à 2030.
- Bilan d’étape programmé en 2028 pour évaluer les progrès.
- Délai d’écoulement des stocks étendu à 12 mois.
Un report inattendu dans la lutte contre la pollution plastique
Le calendrier de l’interdiction des gobelets jetables contenant du plastique connaît un nouveau rebondissement. Alors que la date du 1er janvier 2026 devait marquer une étape décisive, l’échéance est finalement décalée à 2030, comme le révèle un arrêté publié ce mardi au Journal officiel.
Une décision qui surprend et interroge sur l’efficacité de la politique environnementale française en matière de réduction du plastique.
Des difficultés techniques avancées par le gouvernement
La raison officielle ? La « faisabilité technique d’une absence de plastique dans les gobelets », selon les ministères de la Transition écologique et de l’Économie et des Finances.
Cette justification fait suite à un bilan mené en 2025, qui pointe les obstacles rencontrés par les industriels dans la substitution totale du plastique. Depuis 2024 déjà, le Code de l’environnement a abaissé la teneur maximale autorisée à seulement 8 % de plastique dans ces produits – une diminution significative par rapport aux 15 % tolérés jusqu’en 2022.
Des étapes intermédiaires avant l’interdiction définitive
Pour suivre les avancées vers une suppression totale, un nouveau bilan sera réalisé en 2028. Les autorités veulent ainsi mesurer les « progrès réalisés en matière de substitution » avant que l’interdiction n’entre réellement en vigueur début 2030. À cette date, seuls resteront autorisés les gobelets « ne contenant pas de plastique, ou à l’état de traces », sous réserve toutefois que ce calendrier ne soit pas encore révisé selon les résultats de ce bilan.
Après le couperet de janvier 2030, un délai supplémentaire est accordé pour permettre aux acteurs économiques d’écouler leurs derniers stocks : ils disposeront désormais de douze mois – soit le double par rapport au précédent arrêté – pour vendre ou distribuer les produits fabriqués ou importés avant la date fatidique.
Enjeux sanitaires et environnementaux persistants
Ce report intervient alors même que fin 2024, la DGCCRF, chargée notamment de contrôler le respect des interdictions en vigueur, relevait qu’« une entreprise sur cinq » ne se conformait pas aux nouvelles règles concernant certains produits jetables. Il s’agit d’une réalité préoccupante tant pour la santé publique que pour l’environnement.
La question demeure donc : ce nouveau délai permettra-t-il enfin d’atteindre une sortie effective du plastique dans nos habitudes quotidiennes ?