Kering offre un bonus d’accueil de 20 millions d’euros à Luca de Meo

Image d'illustration. Signature de contrat à parisADN
Luca de Meo, récemment nommé à la tête du groupe Kering, bénéficiera d'une prime exceptionnelle estimée à 20 millions d’euros, destinée à compenser sa perte de rémunération chez Renault et à marquer son arrivée au sein du géant du luxe.
Tl;dr
- Arrivée de Luca de Meo chez Kering avec prime exceptionnelle.
- Prolongation d’âge possible pour dirigeants.
- Bénéfices semestriels de Kering en forte baisse.
Un « golden hello » inédit pour un nouveau départ
La nouvelle fait déjà grincer des dents dans le secteur du luxe : alors que le groupe Kering traverse une période compliquée sur le plan financier, il s’apprête à offrir à son futur directeur général, Luca de Meo, une « indemnité de prise de fonction » atteignant les 20 millions d’euros.
Cette somme, équivalente aux rémunérations variables perdues chez Renault, sera soumise au vote lors de l’assemblée générale prévue en septembre. En France, ce type de « golden hello », courant dans les pays anglo-saxons mais rare ici, suscite interrogations et débats.
Des conditions salariales peu communes
Le contrat proposé par Kering à son futur dirigeant ne se limite pas à cette prime exceptionnelle. Outre les 20 millions d’euros – répartis pour 75 % en numéraire et 25 % en actions du groupe –, la rémunération fixe annuelle s’élèverait à 2,2 millions d’euros bruts.
À cela pourrait s’ajouter une part variable qui, si les objectifs fixés sont atteints, représenterait jusqu’à 220 % du fixe (4,84 millions d’euros). En cas de surperformance, cette part grimperait même jusqu’à un plafond fixé à 300 %, soit 6,6 millions d’euros.
Nouvelles orientations au sommet et perspectives incertaines
Autre point qui retient l’attention des observateurs : les actionnaires seront également amenés à statuer sur un possible allongement de la limite d’âge pour les postes clés.
Il s’agirait de porter la retraite du président de 65 à 80 ans et celle du directeur général de 65 à 70 ans. Un signe fort envoyé quant à la volonté du groupe de miser sur l’expérience et la stabilité managériale dans ce contexte chahuté.
Un contexte économique sous tension
Rien ne se passe véritablement comme prévu pour le géant du luxe. L’annonce est tombée ce jeudi : au premier semestre, le bénéfice net de Kering a plongé de 46 %, ne représentant plus que 474 millions d’euros. Le chiffre d’affaires n’est pas épargné non plus, affichant une chute spectaculaire de 16 %, soit un repli à 7,6 milliards d’euros. Face à ces résultats moroses, la stratégie qui entoure l’arrivée et la rémunération exceptionnelle de Luca de Meo prend tout son relief – entre pari audacieux et gestion du risque social auprès des actionnaires.
Pour résumer :
- Prime exceptionnelle pour attirer un dirigeant reconnu.
- Ajustement des règles internes pour pérenniser l’équipe dirigeante.
- Tensions financières accentuées chez l’un des fleurons français du luxe.