En bref
- Les fonds marins restent très mal connus
- Les océans subissent déjà de lourdes pressions
- Les experts réclament plus de protection
Les océans relient la planète entière, mais on en connaît encore une part étonnamment faible. C’est tout l’enjeu de la Journée mondiale de l’océan, organisée sous l’égide de l’Unesco, qui remet en lumière un paradoxe assez brutal, l’océan est vital, immense, et pourtant encore largement inexploré.
Un espace vital encore largement invisible
Pour Françoise Gaill, directrice de recherche au CNRS et coordinatrice du comité scientifique de la plateforme Océan et Climat, le constat est limpide. « Il n’y a pas de raison qu’on connaisse mieux la Lune que le fond des océans ». La formule frappe, parce qu’elle résume bien la situation.
D’après l’Organisation hydrographique internationale, on ne connaît que 10% des fonds marins situés au-delà de 200 mètres de profondeur. Autrement dit, l’essentiel des reliefs sous-marins nous échappe encore. Et ce manque de connaissance n’a rien d’anecdotique, il conditionne aussi la manière de gérer et de préserver ce que ces zones abritent.
Cartographier les fonds, un chantier immense mais possible
Une étude publiée en 2001 montrait qu’il serait possible de cartographier l’ensemble des fonds marins au-delà de 500 mètres de profondeur avec un seul navire utilisé pendant 200 ans. Dit comme ça, l’échelle paraît vertigineuse.
Mais ce délai pourrait baisser si davantage de navires participaient à cet effort. La question n’est donc pas seulement technique. Elle tient aussi aux moyens engagés. Mieux cartographier les fonds permettrait notamment de mieux protéger les ressources marines présentes dans ces espaces encore mal connus.
Un océan abîmé, malgré un rôle essentiel
Le thème retenu cette année, célébré chaque 8 juin, est « Océan sain, planète saine ». L’ONU rappelle que les océans jouent un rôle comparable à celui du cœur dans le corps humain, en connectant des millions d’individus sur l’ensemble de la Terre.
Le contraste est rude. Selon l’organisation, près de 40% des océans sont déjà lourdement affectés par les activités humaines. En cause, la pollution, la baisse des stocks de poissons, la dégradation des récifs coralliens, des mangroves et des algues marines, mais aussi l’installation d’espèces aquatiques envahissantes.
Dans ce contexte, la question posée par les experts est simple, pourquoi ne protéger qu’1% des océans ?
Vos questions, nos réponses
Pourquoi parle-t-on si peu des fonds marins ?
Parce qu’ils sont difficiles d’accès et très vastes. Plus la profondeur augmente, plus l’exploration devient complexe, coûteuse et lente. C’est aussi pour cela que la cartographie progresse moins vite qu’on pourrait l’imaginer.
Que signifie « fonds marins au-delà de 200 ou 500 mètres » ?
Il s’agit des zones profondes de l’océan. Ces reliefs sous-marins comprennent des plaines, des pentes ou d’autres structures immergées qu’on ne peut pas observer directement sans équipements spécialisés.
En quoi mieux connaître l’océan aide à le protéger ?
On protège mieux ce qu’on localise précisément. Cartographier les fonds permet d’identifier les zones sensibles, de mieux suivre les ressources présentes et d’adapter plus finement les politiques de préservation.
Pourquoi la Journée mondiale de l’océan tombe-t-elle le 8 juin ?
C’est la date retenue pour cette journée internationale consacrée à la place des océans dans l’équilibre de la planète. Elle sert surtout à remettre le sujet au centre du débat public, avec un thème différent selon les années.