En bref
- En 2008, Jason Statham s’essaie à la fantasy avec King Rising.
- Le film est un échec cuisant, avec seulement 13 millions de dollars de recettes.
- Contre toute attente, King Rising connaît une seconde vie en direct-to-video et obtient deux suites.
Il y a des ratés qui disparaissent vite. Et puis il y a King Rising, ce film de fantasy avec Jason Statham qui a explosé en vol, avant de revenir avec deux suites. Oui, vraiment.
Un blockbuster qui s’écrase dès sa sortie
Sorti uniquement aux États-Unis le 11 janvier 2008 dans les salles obscures, King Rising, au nom du roi partait avec un budget de 60 millions de dollars. Le résultat a été brutal. Le film n’est même pas entré dans le top 10 lors de son premier week-end, avec seulement 3,2 millions de dollars.
La suite a été du même niveau. Le box-office américain s’est arrêté à 4,7 millions de dollars, l’international à 8,3 millions de dollars, pour un total mondial d’à peine 13 millions de dollars. Le week-end suivant, l’arrivée de Cloverfield a fini d’enterrer ses chances.
Côté critiques, le film a touché le fond avec 4% sur Rotten Tomatoes. Pas loin du crash total.
Pourquoi Uwe Boll a monté ce projet ?
Le projet portait la signature de Uwe Boll, un réalisateur déjà associé à plusieurs adaptations de jeux vidéo très mal reçues, comme Alone in the Dark, House of the Dead ou Rampage. Cette fois, il voulait passer à une fantasy à gros moyens.
En 2007, Uwe Boll expliquait à CinemaBlend qu’il ne recevait pas l’argent des studios pour tourner ses films. Il disait lever des fonds dans plusieurs pays, pré-vendre ses projets à l’international et convaincre des investisseurs privés. Et l’étiquette jeu vidéo rendait, selon lui, le projet plus facile à vendre.
Le lien avec l’action-RPG isométrique en 3D Dungeon Siege de Gas Powered Games a donc surtout servi à financer l’ensemble. Le film, lui, restait une adaptation très libre.
Jason Statham au milieu d’un casting chargé
Dans l’histoire, Jason Statham joue Farmer, un homme parti sauver sa femme enlevée et venger la mort de son fils, tué par les Krugs, des guerriers animaux contrôlés par le méchant Gallian, incarné par Ray Liotta.
Le casting alignait aussi Burt Reynolds, Leelee Sobieski, Ron Perlman et John Rhys-Davies. Sur le papier, c’était solide. À l’écran, clairement, ça n’a pas suffi.
Le flop n’a pourtant pas cassé la trajectoire de Jason Statham, qui a ensuite enchaîné The Expendables, puis les films de la saga Fast and the Furious. Bon, sa carrière a très bien encaissé le choc.
Le flop qui a quand même eu deux suites
Là où l’histoire devient étrange, c’est que le film a trouvé un public en vidéo. Assez, en tout cas, pour permettre à Uwe Boll de continuer. En 2014, il expliquait à MovieWeb que le film marchait bien dans plusieurs pays et qu’une franchise déjà installée l’aidait à financer d’autres tournages.
Deux suites ont vu le jour. King Rising 2: Les Deux Mondes, sorti en 2011, mettait Dolph Lundgren en tête d’affiche. Puis King Rising 3, en 2014, passait le relais à Dominic Purcell.
En 2016, Uwe Boll a annoncé sa retraite, expliquant que la baisse des ventes de DVD rendait ses films trop difficiles à financer. Une retraite provisoire, puisqu’il a récemment tourné Citizen Vigilante avec Armie Hammer. Et en 2024, il a aussi échoué à financer participativement une suite de Postal. Même à Hollywood, certains parcours restent improbables.