En bref
- James Caan détestait Futur immédiat, Los Angeles 1991, malgré son concept mêlant science-fiction et polar.
- Malgré un succès modeste et des critiques mitigées, le film a fidélisé un public et rapporté deux fois son budget.
- – La franchise s’est poursuivie avec une série télévisée, cinq téléfilms, des comics et des romans, sans James Caan.
Il y a des films que leurs stars portent fièrement. Et puis il y a Futur immédiat, Los Angeles 1991. Ce long métrage de science-fiction sorti en 1988 a beau avoir lancé une vraie franchise, James Caan, lui, n’en gardait visiblement aucun bon souvenir.
Un film rejeté par sa propre star
En 2013, interrogé sur Alien Nation (le titre original du film Futur immédiat, Los Angeles 1991), le comédien James Caan a très mal réagi. Sa première réponse revenait en gros à demander pourquoi on lui reparlait de ce film. Ensuite, il reconnaissait avoir adoré travailler avec Mandy Patinkin, qu’il décrivait comme quelqu’un de très drôle, mais il jugeait l’ensemble assez bête sur le plan créatif. Il disait aussi ne pas avoir été très fan du réalisateur Graham Baker, tout en précisant que ce n’était pas un mauvais type.
Mais ses mots les plus durs remontent à 1990. Cette fois, Caan expliquait qu’Alien Nation lui donnait presque la nausée, au point de préférer parler d’autre chose, et il ajoutait qu’il ne voulait pas tourner un autre film avec des extraterrestres à grosse tête lisse. Ambiance.
Le pari Alien Nation, entre polar et science-fiction
Le plus ironique, c’est que le concept tenait franchement la route. Alien Nation imagine l’écrasement d’un immense vaisseau dans le désert de Mojave en 1988, avec à son bord 300.000 extraterrestres humanoïdes, surnommés les Newcomers. Ces êtres étaient en fait transportés comme des esclaves et découvrent la liberté sur Terre.
Trois ans plus tard, en 1991, ils vivent à Los Angeles, prennent des emplois humains et tentent de s’intégrer. James Caan y joue Sykes, un policier raciste et brutal, associé après la mort de son partenaire à un officier newcomer, Sam Francisco, joué par Mandy Patinkin. Le film prend alors la forme d’un buddy movie policier, avec enquête et rapprochement forcé entre deux collègues que tout oppose.
Un succès modeste, mais une vraie base de fans
À sa sortie, le film a rapporté 32 millions de dollars pour un budget de 16 millions de dollars. Pas un raz-de-marée, mais un score correct.
Côté critiques, c’était plus tiède. Sur Rotten Tomatoes, le film affiche 50% d’avis favorables sur 34 critiques. Roger Ebert, lui, n’avait donné que deux étoiles sur quatre, estimant que le film s’intéressait trop aux mécaniques du polar et pas assez à sa partie science-fiction. Malgré ça, le public fidèle est resté. Et c’est sans doute là que le film a gagné sa vraie partie.
La franchise a continué sans James Caan
Dès 1989, une série télé a pris le relais sans James Caan. Gary Graham y incarnait Sikes, avec une orthographe légèrement modifiée, et Eric Pierpoint jouait George Francisco. La série, arrêtée en 1990 après une seule saison de 22 épisodes, développait bien plus la culture des Tenctonese, le vrai nom des Newcomers.
On y apprenait par exemple que le lait tourné les rend ivres, que l’eau salée agit sur eux comme un acide, ou encore que leur reproduction suit un système assez étrange, avec une partie de la gestation portée par la femme puis le reste par le mâle dans une poche. La série a ensuite eu cinq téléfilms diffusés entre 1994 et 1997. Des comics, dont un crossover avec La Planète des singes, sont sortis jusqu’en 1992, et Simon et Schuster a aussi publié plusieurs romans. Un remake évoqué en 2016 avec Jeff Nichols n’a jamais vu le jour. En 2024, ce projet a finalement été transformé en film de science-fiction original. Pas mal pour un film que sa star ne pouvait pas voir en peinture.