En situation de survie, l’urine peut-elle réellement vous sauver la vie ?

Image d'illustration. Équipement de survieADN
Face à une situation de survie extrême, certains se demandent si consommer sa propre urine pourrait permettre de s’hydrater et d’augmenter ses chances de rester en vie. Mais cette pratique comporte-t-elle des risques ou des bénéfices réels ?
Tl;dr
- L’urine contient principalement de l’eau, mais peut aussi embarquer des déchets dangereux.
- Boire son urine en situation de survie augmente les risques de maladie.
- Ce n’est pas une solution fiable et sûre d’hydratation.
Des exploits spectaculaires… mais à quel prix ?
Depuis des années, l’aventurier Bear Grylls fascine par ses épreuves de survie extrêmes, repoussant les limites du corps humain devant les caméras. Parmi ses démonstrations les plus marquantes, difficile d’oublier ces séquences où il s’hydrate dans la nature en buvant sa propre urine ou celle d’animaux. Des images chocs qui ont laissé croire à beaucoup que cette technique pouvait représenter un véritable « truc de survie ». Mais que dit réellement la science ?
Le rôle des reins : une gestion des déchets remarquable
Chaque jour, nos reins filtrent près de 180 litres de plasma sanguin, opérant une sélection minutieuse pour renvoyer dans le sang ce dont nous avons besoin et expulser le reste sous forme d’urine. Cette dernière, constituée à environ 95 % d’eau, contient aussi de l’urée, des sels minéraux et différents résidus issus du métabolisme. Imaginer ce processus, c’est un peu comme vider un garage en vrac pour ensuite ne garder que l’essentiel.
Bénéfices discutables et risques bien réels
En théorie, une personne bien hydratée pourrait effectivement retrouver un peu d’eau dans une première gorgée d’urine claire – mais cela ne signifie pas qu’il s’agisse d’une solution viable. Surtout dans un contexte de survie, où la déshydratation progresse vite et pousse les reins à concentrer davantage les toxines éliminées. Boire son urine dans ces conditions revient à réintroduire dans l’organisme des déchets que celui-ci cherchait précisément à évacuer. Les conséquences possibles peuvent inclure :
- Accumulation dangereuse de substances toxiques telles que l’urée ;
- Surcharge rénale et troubles neurologiques (nausées, troubles de la conscience) ;
- Risque accru d’infections si la muqueuse digestive est fragilisée.
Dans les cas extrêmes, cette accumulation peut conduire à une situation grave connue sous le nom d’urémie, susceptible d’être mortelle sans intervention médicale.
L’aspect sanitaire souvent négligé
Autre point rarement évoqué par les amateurs de sensations fortes : si l’urine produite par les reins est généralement stérile, son passage par la vessie et l’urètre la met en contact avec diverses bactéries naturellement présentes. Dans des circonstances précaires – chaleur excessive, stress ou alimentation inadéquate –, ces micro-organismes pourraient facilement franchir la barrière digestive et provoquer des infections sévères.
Au final, loin du mythe véhiculé par certaines émissions populaires, boire sa propre urine demeure tout sauf une option fiable pour s’hydrater lors d’une expédition risquée. En somme, c’est « comme puiser dans sa propre poubelle »… Une image forte qui devrait suffire à dissuader même les plus téméraires.