En bref
- 39.000 entreprises girondines touchées directement ou indirectement
- Le tourisme et les restaurants chutent brutalement
- Un appel à la solidarité nationale est envisagé
Le plus dur, pour la Gironde, ne se lit pas seulement dans les hectares brûlés. Il se voit aussi dans des réservations annulées, des commerces fermés et une saison d’été déjà amputée.
Une onde de choc bien plus large que les flammes
Sur les 115.000 entreprises du département, 39.000 ont été touchées directement ou indirectement par l’incendie, selon Patrick Seguin, président de la CCI de la Gironde. Le chiffre dit quelque chose d’assez simple, et de lourd : le feu ne s’arrête pas à la ligne des évacuations.
Dans le détail, une trentaine d’entreprises ont vu leurs bâtiments détruits. D’autres ont dû cesser leur activité parce qu’elles ont été évacuées. Et puis il y a le reste, souvent moins visible : les fournisseurs et les sous-traitants dépendants d’un site fermé, les salariés empêchés de se déplacer, les entreprises dont le chiffre d’affaires a soudainement ralenti ou disparu.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a pour sa part indiqué que plus de 13.000 entreprises avaient été évacuées, dont 7.000 artisanales et 6.300 commerciales.
Le tourisme paie le prix fort
C’est là que le choc apparaît le plus nettement. Le secteur des cafés, hôtels et restaurants a perdu 64 % d’activité, y compris dans le centre de Bordeaux, précise Patrick Seguin.
Toutes les activités liées au tourisme ont été freinées par la même mécanique. Au début de l’incendie, il a été demandé aux visiteurs de ne pas venir en Gironde. Résultat, des annulations en série pour le mois d’août, et même jusqu’à 100 % dans certains campings. Pour une partie des professionnels, la saison est déjà compromise, dans un contexte qui était, selon la CCI, déjà fragile.
Réouvertures partielles et retour encadré
Le message a changé : une grande partie du territoire peut de nouveau accueillir des touristes, notamment Bordeaux, le vignoble et certains secteurs du littoral. Les campings de Lacanau ont ainsi rouvert vendredi.
Mais tout ne repart pas d’un bloc. Au Porge, encore très exposé, le camping et le village naturiste ne peuvent pas rouvrir. Les pompiers restent massivement mobilisés, et les accès par de petites routes compliquent un retour immédiat des flux touristiques. Même une fois l’incendie fixé, la circulation devra être relancée progressivement pour ne pas gêner les interventions sur les fumerolles et les reprises de feu. En clair, l’activité touristique d’août ne reviendra pas à 100 %.
Un guichet unique, puis la question de l’aide
Face à cette crise économique, la CCI de la Gironde organise la coordination des services publics autour du numéro vert 3006, afin que les entreprises aient un interlocuteur unique.
Patrick Seguin juge déjà l’impact économique énorme. Et il avance une piste qui dépasse le seul département : un appel à la solidarité nationale pour tenter de soutenir, puis relancer, l’économie girondine dans les prochaines semaines.