En Corée du Sud, une grève générale illimitée chez les salariés de Samsung et c’est inédit

Illustration. Une grève en Corée du Sud. ADN
Malgré une longue opposition, le syndicat de Samsung Electronics, représentant des dizaines de milliers de travailleurs, persiste dans sa grève suite à l'échec des pourparlers salariaux. Quelle sera la suite de cette confrontation ?
TL;DR
- Le syndicat de Samsung appelle à une seconde grève générale sans limite à partir du 10 juillet.
- Plus de 5000 employés ont déjà cessé le travail lors d’une grève de trois jours précédentes.
- Les revendications incluent des augmentations de salaire, de meilleurs congés annuels et davantage de transparence concernant les primes.
La grève chez Samsung : une situation inédite
«Nous déclarons une deuxième grève générale illimitée à partir du 10 juillet, après avoir appris que la direction n’était pas disposée à discuter.» C’est par ces mots que le syndicat représentant d’innombrables employés du géant Samsung Electronics a annoncé mercredi sa décision de prolonger une grève sans précédent, visant à faire pression sur la direction de l’entreprise sud-coréenne.
Une mobilisation croissante
Aux blancs des hangars de production, plus de 5 000 employés ont déjà cessé le travail ce lundi, initialement pour trois jours, suite à l’infructuosité de longues discussions concernant les salaires et avantages sociaux. Ce mouvement fait suite à un jour de débrayage en juin, un acte sans précédent dans une entreprise n’ayant pas connaître de syndicalisation pendant des décennies.
Solidarity with the 6500 Samsung Electronics Union members on indefinite strike in South Korea ✊🏼pic.twitter.com/5sOFTPnzi9
— Dripped Out Trade Unionists (@UnionDrip) July 10, 2024
L’optimisme face aux difficultés de la négociation
De son côté, le syndicat a assuré que « plus la grève durera, plus la direction souffrira. Elle finira par s’agenouiller et s’asseoir à la table des négociations. Nous sommes confiants dans la victoire ». L’obstacle, selon le syndicat, se trouve être l’attitude de la direction de Samsung, qui serait « obstructionniste » à la grève.
Une histoire de revendications et d’oppressions
Depuis janvier, le syndicat mène des négociations avec la direction, mais sans succès à ce jour. Les salariés ont rejeté une offre d’augmentation salariale de 5,1 %, et le syndicat réclame également une amélioration des congés annuels et une transparence accrue sur les primes basées sur les performances.
Pendant presque 50 ans, Samsung a empêché la syndicalisation de ses employés – parfois par des méthodes violentes, selon ses détracteurs. Aujourd’hui, le syndicat de l’entreprise reste solitaire et fort, prêt à lutter pour une reconnaissance et des droits plus importants.