En 2025, les salaires des dirigeants ont bondi, triplant la progression de ceux des employés

Image d'illustration. Graphique salaire exécutif vs salaire employéADN
En 2025, la progression des salaires des dirigeants des grandes entreprises a nettement surpassé celle des employés, affichant un rythme de croissance trois fois supérieur à celui de la rémunération des salariés sur la même période.
Tl;dr
- Rémunération des dirigeants en forte hausse en 2025.
- Écart salarial grandissant avec les salariés français.
- Oxfam et la CSI réclament une taxation accrue.
Des écarts salariaux qui se creusent
En ce 1er mai 2026, la publication conjointe d’Oxfam et de la Confédération syndicale internationale (CSI) attire l’attention sur un phénomène préoccupant : la rémunération des dirigeants des plus grandes entreprises françaises a progressé trois fois plus vite que celle des salariés en 2025.
Ce fossé, déjà dénoncé par le passé, s’élargit encore, nourrissant le débat sur les inégalités.
L’envolée des revenus du capital
Selon cette analyse, les principaux patrons mondiaux ont vu leur rémunération augmenter de 11 % en termes réels, c’est-à-dire après correction de l’inflation, tandis que les travailleurs ne bénéficiaient que d’une maigre hausse de 0,5 %. En France plus spécifiquement, l’écart est encore plus marqué : la rémunération des dirigeants du CAC 40 progresse à un rythme 3,3 fois supérieur à celui du reste de la population active. Fait notable, seules vingt-six entreprises ont accepté de transmettre leurs données pour l’étude menée par Oxfam. Chez ces grands groupes cotés, la progression atteint même 18 % entre 2024 et 2025 pour les directeurs généraux et présidents-directeurs généraux.
Mais derrière ces chiffres bruts se cache une réalité structurelle : l’essentiel de ces revenus provient non seulement des salaires mais surtout des dividendes et autres profits liés au capital détenu. Un chiffre interpelle : près de 80 milliards de dollars versés en dividendes à quelque mille milliardaires en 2025 — soit environ 2 500 dollars chaque seconde.
L’exemple emblématique de Bernard Arnault
Difficile d’évoquer ce sujet sans citer le PDG du géant du luxe LVMH. Selon le rapport, Bernard Arnault et sa famille auraient perçu jusqu’à 3,8 milliards de dollars en dividendes pour la seule année passée. Loin d’être un cas isolé, ce montant illustre pourtant la domination économique d’une poignée d’individus.
À l’échelle mondiale, ils seraient près de 3 428 milliardaires, dont une large majorité d’hommes (86 %), à détenir une fortune cumulée équivalente à 17 % du PIB mondial. Voici quelques-uns des mécanismes qui participent à l’enracinement des inégalités :
- Mécanisme central : croissance rapide des revenus issus du capital.
- Poid croissant : concentration extrême des richesses mondiales.
L’appel à une réforme fiscale ambitieuse
Face à ce constat alarmant, les deux organisations plaident pour une imposition effective des super-riches, tant sur leurs revenus que sur leur patrimoine. Leur objectif affiché : enrayer un système où les écarts ne cessent de se creuser et restaurer un minimum d’équité sociale. Le débat ne fait visiblement que commencer.