Douze ans après la mort d’Émile Louis, de nouvelles fouilles relancent l’espoir de retrouver des corps

Image d'illustration. Ruban de police sur cheminADN
Douze ans après la mort d'Émile Louis, les enquêteurs reprennent les fouilles dans l’ancienne propriété du tueur en série. Ils espèrent découvrir un ou deux corps supplémentaires dans ce lieu longtemps considéré comme un "cimetière".
Tl;dr
- Nouvelles fouilles près d’Auxerre sur le site Émile Louis.
- Cinq victimes connues restent introuvables, une huitième suspectée.
- Opération prévue sur 15 jours malgré difficultés passées.
Des fouilles relancées dans l’Yonne, sur les traces d’Émile Louis
Dès ce lundi 18 mai 2026, des équipes spécialisées sont de nouveau à pied d’œuvre aux abords de Rouvray, à une dizaine de kilomètres d’Auxerre. Sur cette parcelle rurale, longtemps connue comme le « cimetière » du célèbre tueur en série Émile Louis, le temps semble s’être arrêté.
Malgré plus d’un demi-siècle écoulé depuis les crimes, la question obsède toujours familles et enquêteurs : pourra-t-on enfin ramener la paix aux proches des disparues ?
Cinq disparues sans sépulture, une huitième piste
Le dossier n’a jamais cessé d’évoluer. Car si le meurtrier, mort en prison en 2013 à l’âge de 79 ans, avait reconnu avoir enterré sept jeunes filles handicapées mentales entre les années 1970 et 1979, seules deux dépouilles avaient été découvertes lors des premières fouilles au début des années 2000. Les cinq autres victimes connues restent encore aujourd’hui sans trace tangible. Habitant autrefois Seignelay, voisin du site, Émile Louis avait désigné sept emplacements précis dans un secteur traversé par la rivière du Serein. Parmi ces lieux identifiés : une cabane de pêcheur et un terrain qu’il fréquentait régulièrement.
À cette énigme persistante s’ajoute celle de Marie Jeanne Ambroisine Coussin. Disparue en 1975 après avoir grandi sous l’assistance publique comme les précédentes victimes — âgées alors de 15 à 25 ans — elle a vu son crâne retrouvé en décembre 2018 sur le même secteur. Pour Maître Didier Seban, avocat des familles et président de l’ADHY, cela ne fait guère de doute : « C’est très certainement une huitième victime ».
Difficultés et espoirs lors des recherches
Le terrain n’a rien d’une page blanche pour les enquêteurs. Depuis deux ans déjà, plusieurs campagnes de fouilles ont été tentées – notamment à l’automne 2024 puis au printemps suivant – sans permettre pour l’instant d’élucider totalement le mystère. Les obstacles n’ont pas manqué : lors de la précédente opération, un accident tragique avait coûté la vie à un gendarme.
Et malgré la découverte de quelques vêtements ou d’un vélo, aucun lien formel avec les disparues n’a pu être établi. L’hypothèse selon laquelle la rivière aurait emporté certains corps reste envisagée ; « la rivière est capricieuse et les corps ont pu disparaître avec les eaux », confie Me Seban.
L’attente des familles face au temps qui passe
L’enquête se poursuit donc avec la même ténacité mais aussi beaucoup d’incertitudes. La procureure de la République à Auxerre, Marie-Denise Pichonnier, précise que cette nouvelle phase s’étalera sur environ quinze jours, sans détailler davantage les moyens mobilisés.
Le président de l’ADHY, Pierre Monnoir, résume l’enjeu : « On doit des corps à ces familles ». Des mots sobres derrière lesquels se lit tout le poids du silence et de l’attente qui entourent toujours le drame de l’Yonne.