En bref
- Les messages de Donald Trump sur Truth Social deviennent un produit payant.
- Sans abonnement, les médias dénoncent des retards et un accès limité aux archives.
- The Intercept et la FPF contestent ce système devant les tribunaux.
Pas moins de 100.000 dollars par mois pour lire plus vite des messages du président américain. C’est ce modèle que contestent aujourd’hui The Intercept et la Freedom of the Press Foundation, qui poursuivent Donald Trump après le lancement de la Truth API sur Truth Social.
Selon Trump Media, ce service utilise des méthodes de diffusion classiques du secteur pour livrer les publications de Truth Social en quelques millisecondes à ses clients. Mais pour les plaignants, le vrai sujet est ailleurs. Quand un président annonce des décisions ou des orientations politiques sur sa plateforme, faire payer un accès accéléré change la nature du jeu.
Un accès ultra-payant à des messages présidentiels
Le service a été annoncé en juillet 2026 par Trump Media and Technology Group, qui y voit une source de revenus régulière et importante. L’entreprise part d’une idée simple, les posts de Donald Trump sur Truth Social peuvent avoir une valeur immédiate, notamment pour les investisseurs.
Bon, sur le papier, c’est un produit tech. Dans les faits, il donne à des abonnés payants un accès plus rapide aux publications d’un chef d’État. Et c’est précisément ce point qui fait exploser le dossier.
Pourquoi la plainte vise la Constitution américaine ?
La plainte estime que la Truth API viole le Premier amendement et le Cinquième amendement. Les deux organisations soutiennent que les annonces du président doivent rester accessibles de façon égale et que le gouvernement ne peut pas imposer de conditions jugées déraisonnables pour accéder à un bénéfice public.
Elles demandent donc au tribunal de déclarer ce système anticonstitutionnel et illégal. Elles veulent aussi empêcher Donald Trump et les autres défendeurs, Natalie J. Harp et Daniel Scavino, de publier en exclusivité des informations gouvernementales sur Truth Social.
Ce que dénoncent The Intercept et la FPF
Pour The Intercept et la Freedom of the Press Foundation, le préjudice est concret. Sans abonnement, elles disent subir un retard indéfini pour consulter les nouveaux messages du président.
Et ce n’est pas tout. La plainte affirme aussi qu’elles seraient durablement privées de l’accès aux archives des publications présidentielles si elles ne paient pas. Résultat, l’accès à l’info ne dépendrait plus seulement de sa publication, mais du portefeuille.
Le lien financier entre Donald Trump et Truth Social dans le viseur
Les plaignants avancent aussi que Donald Trump bénéficie indirectement du dispositif. Il était actionnaire majoritaire de Trump Media lors du lancement de la société en 2021. Après sa réélection en 2024, le contrôle de ses parts a été transféré à un trust dont il est l’unique bénéficiaire, avec Donald Trump Jr. comme seul administrateur.
La plainte cite aussi un accord selon lequel Donald Trump doit en règle générale publier d’abord sur Truth Social et ne peut pas poster le même message ailleurs avant six heures. Du coup, l’accès payant plus rapide ressemble, pour les plaignants, à une nouvelle façon de monétiser une exclusivité déjà contestée.