D’ici 2100, la moitié des glaciers mondiaux condamnés à disparaître

Et c'est sur la base du scénario le plus optimiste que l'étude en question alerte.

Jeudi 5 janvier, la revue Science a relayé les résultats pour le moins pessimistes d’une étude internationale sur les glaciers. Selon les chercheurs qui l’ont conduite, 49% d’entre eux, à l’échelle mondiale, sont condamnés à la disparition à l’horizon 2100.

L’équipe parvient à cette conclusion avec le scénario le plus optimiste (celui de l’accord de Paris) du réchauffement climatique, lequel se bornerait à +1,5°C.

215 000 glaciers modélisés

Les scientifiques ont modélisé avec une acuité jamais atteinte jusque là plus de 200 000 glaciers à travers le monde, et d’après des évolutions du réchauffement climatique variables.  Ces disparitions correspondraient à la perte d’un quart de leur masse totale (26% précisément).

Et avec une hausse des températures moyennes de 4°C, 83% des glaciers auront disparu d’ici à la fin du siècle.

Glaciers alpins, bientôt un lointain souvenir ?

Etienne Berthier, glaciologue chercheur CNRS au Legos (Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales, à Toulouse) et co-auteur de l’étude, fait un zoom sur un massif montagneux français :

Si on regarde les modèles pour les Alpes, il resterait environ 15% des glaciers en 2100 pour un scénario à +1,5°C, plus aucun à +4°C et seulement quelques-uns sur les sommets au-dessus de 4000 mètres pour la trajectoire actuelle de réchauffement.

Et les Pyrénées ? Selon le spécialiste, le couperet sera bien plus précoce : « (…) leur disparition est d’ores et déjà annoncée d’ici 10 à 20 ans ».

« Une lueur d’espoir »

Regine Hock, du département de Sciences de la Terre de l’université d’Oslo en Norvège, et également co-autrice de l’étude, relève quant à elle : « Je pense qu’il y a une petite lueur d’espoir et un message positif dans notre étude, car elle nous dit que nous pouvons faire la différence, que les actions comptent ».

Mais son optimisme est plus que relatif, elle qui alerte sur le fait que « Les régions avec relativement peu de glace, comme les Alpes, le Caucase, les Andes ou l’ouest des Etats-Unis, perdent presque toute leur glace d’ici la fin du siècle, quel que soit le scénario d’émissions ». 

En outre, toujours avec le scénario le moins pessimiste de +1,5°C, cette fonte globale devrait s’accompagner d’une hausse du niveau de la mer de 9 cm, qui n’inclut pas celle consécutive de la fonte des calottes glaciaires.

Jérôme Nelra

Spécialiste Environnement

X Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Climat

Lisez 24matins en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.

24matins · 25 Août · 11h00

Mythe du dodo : et si tout était à revoir ?

Encore mystérieuse malgré sa disparition il y a plus de 350 ans, l'espèce du dodo est souvent illustrée comme paresseuse, lente et incapable de voler, mais la réalité pourrait être tout autre.

24matins · 21 Août · 17h00

L’Australie va construire la plus grande ferme solaire au monde

Le gouvernement de Canberra a donné son feu vert pour le démarrage des travaux d'une immense centrale solaire de 12 000 hectares dans la partie nord de l'Australie. Quels impacts cette initiative aura-t-elle sur l'environnement local ?