Devant la polémique suscitée par l’augmentation de la taxe foncière, l’exécutif cherche l’apaisement

Image d'illustration. Déclaration de revenus, impôts. ADN
La récente augmentation de la taxe foncière suscite une vive contestation parmi les propriétaires et élus locaux. Face à cette fronde, l’exécutif multiplie les prises de parole pour tenter d’apaiser les inquiétudes et justifier cette mesure.
Tl;dr
- Consultation sur la taxe foncière après forte hausse annoncée.
- Critiques unanimes : calcul jugé injuste et timing contesté.
- 7,4 millions de logements concernés par une hausse moyenne de 63 €.
L’État cherche à désamorcer la colère autour de la taxe foncière
Face à une véritable fronde suscitée par l’annonce d’une augmentation massive de la taxe foncière, le gouvernement s’est résolu à ouvrir un nouveau front : celui du dialogue. Jeudi 20 novembre 2025, les ministères de l’Action et des Comptes publics ainsi que de l’Aménagement du territoire ont lancé une « consultation flash» destinée à « examiner les évolutions nécessaires» de cet impôt local, dans une logique affichée de simplification et d’équité.
Hors micro, on concède que la situation commençait à devenir intenable depuis la révélation : pour plus de 7,4 millions de logements, l’actualisation des bases fiscales va entraîner en 2026 une hausse moyenne de 63 euros. L’origine du problème ? La méthode de calcul a évolué. Désormais, la présence d’éléments dits « de confort » – eau courante, électricité, WC ou lavabo – fait grimper artificiellement la superficie prise en compte par Bercy… et donc la facture.
L’incompréhension s’installe chez élus et propriétaires
Si les services fiscaux présument que tous les biens possèdent ces aménagements, certains y voient une suspicion injustifiée à l’encontre des propriétaires. Pour Sylvain Grataloup, président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), cette façon de procéder revient à supposer « que les propriétaires sont systématiquement de mauvaise foi». De nombreux acteurs locaux déplorent aussi que cette mise à jour soit décidée sans concertation préalable avec les collectivités territoriales.
Cascade de réactions politiques et critiques sur le fond
La mesure technique annoncée mardi soir a suscité un chœur quasi unanime d’oppositions, aussi bien à droite qu’à gauche. De l’ancien Premier ministre macroniste Gabriel Attal, qui demande purement et simplement l’abandon du projet, jusqu’à la cheffe insoumise Mathilde Panot, dénonçant le fait qu’on prenne encore « de l’argent dans la poche des Français et des Françaises», en passant par le patron du RN Jordan Bardella, évoquant un « coup dans le dos porté aux propriétaires français». Le président de l’AMF, David Lisnard, résume avec vigueur : « les impôts, il y en a trop !»
Parmi les motifs d’agacement mis en avant :
- Mise à jour jugée tardive des critères dits « de confort ».
- Croissance rapide (+37,3 % en dix ans) déjà difficilement supportable.
- Bénéfice perçu essentiellement pour les collectivités locales… sans qu’elles n’en aient fait expressément la demande.
Pistes ouvertes mais calendrier flou pour une réforme attendue
La grogne ne faiblit pas alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu, lors du Congrès des maires, a reconnu que « le débat est agité par quelques démagogues mais qu’une révision du mode de calcul s’impose sans doute». La question n’est pourtant pas nouvelle : voilà plusieurs années que plane celle d’une refonte profonde des valeurs locatives. Pour autant, comme le rappelle M. Grataloup, « le Parlement a décidé il y a quelques semaines de reporter cette réforme à 2030 ».
En somme, si la consultation promise vise à apaiser le climat, nombre d’élus jugent qu’elle arrive tardivement — voire qu’elle dissimule mal une opération avant tout politique face au mécontentement grandissant.