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Deux hommes du « commando Erignac » évoquent leur « échec politique »

Actualité > Corse
Par Jérôme Nelra,  publié le 13 novembre 2015 à 12h01, modifié le 13 novembre 2015 à 12h36.

En 1998, le préfet Erignac tombait sous les balles de nationalistes corses. Condamnés à perpétuité, deux des membres du commando parlent d'un "échec politique".

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri ont fait partie de ce qui fut appelé le « commando Erignac », qui le 6 février 1998 tuait le préfet Claude Erignac. Cet assassinat leur a valu une peine de prison à perpétuité.

Au quotidien Corse-Matin, les deux hommes qui purgent leur peine depuis 2003 à Poissy (Yvelines) ont livré leurs sentiments quant à la portée politique de leur acte.

Commando Erignac : « nous avons échoué à provoquer la prise de conscience »

Pour les deux hommes, l’un considéré comme le meneur du groupe, et l’autre qui a dit être le tireur, cet assassinat était une « erreur » : « Avec le recul, et l’analyse que nous faisons aujourd’hui de ce qu’il s’est passé, cela ne serait évidemment pas à refaire », déclare Pierre Alessandrini. « A chaque fois qu’il y a eu une tentative d’explication politique, on nous a opposé les faits. Or, s’il est vrai que nous avons tué un homme, nous avons aussi tué un symbole politique », indiquent-ils encore.

Les deux hommes, âgés aujourd’hui de 55 et 58 ans, confessent également que « Si nous avions pensé une seule seconde à nos familles, nous n’aurions pas pu le faire ».

Les conséquences de l’arrestation d’Yvan Colonna

En 2011, après 4 ans de cavale, Yvan Colonna était jugé dans la même affaire et condamné à une peine de prison à perpétuité. Pour Alain Ferrandi, « L’arrestation d’Yvan Colonna (…) a achevé de brouiller le message politique déjà occulté par le procès. Le fond a été complètement occulté et l’ensemble des médias a laissé libre cours à son fantasme du berger innocent ».

Le concernant, il a vu au début de l’année 2015 un recours validé par la Cour européenne des droits de l’homme. Ferrandi et Alessandri, quant à eux, sont dubitatifs quant à la demande d’amnistie générale formulée par le courant indépendantiste pour les prisonniers considérés comme « politiques ». « Nous ne sommes pas contre l’amnistie, mais soyons honnêtes, nous ne l’avons jamais demandée », disent-ils de concert.

Le Récap
  • Commando Erignac : « nous avons échoué à provoquer la prise de conscience »
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