En bref
- La solarisation chauffe le sol sous plastique.
- Trop près, elle abîme aussi les racines.
- Le plastique doit rester hors ligne d’égouttement.
Une méthode de désherbage très utilisée au jardin peut faire plus de dégâts que prévu. La solarisation, efficace contre les herbes indésirables, peut aussi affaiblir, voire tuer, des arbres et arbustes placés trop près de la zone couverte.
Une chaleur redoutable sous une simple bâche
Le principe est simple. On pose une grande feuille de plastique sur le sol, puis on la maintient au bord avec des éléments lourds, par exemple des briques ou des sacs de sable. En plein soleil, et sans ombre, la chaleur s’accumule sous la bâche jusqu’à détruire les plantes en place.
Cette technique sert notamment à éliminer du gazon avant de créer un massif, ou à nettoyer un terrain envahi par des adventices comme la digitaire, l’euphorbe ou l’ambroisie. La température des couches supérieures du sol peut grimper jusqu’à environ 60°C. Pas de quoi être anodine.
Le vrai point de vigilance, ce sont les racines
Le problème, c’est que la chaleur ne distingue pas les mauvaises herbes des plantes à conserver. Si un érable du Japon, un hortensia ou tout autre végétal ligneux pousse à proximité, ses racines peuvent subir le même choc thermique que les herbes visées.
Et là, la plante souffre. Parfois fortement. Dans certains cas, elle peut même mourir si le plastique recouvre une zone où ses racines circulent.
La limite à respecter est la ligne d’égouttement, cette ligne invisible située sous l’extrémité extérieure des branches. C’est souvent là que se concentrent de nombreuses racines nourricières. La bâche doit donc être installée bien au-delà.
Quand la méthode reste utile malgré tout
Il ne s’agit pas d’abandonner la solarisation. Utilisée à bonne distance des arbres et arbustes, elle garde un vrai intérêt pour supprimer une végétation installée ou préparer de futurs espaces de plantation.
Elle peut aussi être renforcée en superposant plusieurs feuilles de plastique pour préparer des plates-bandes. Bref, la méthode reste pertinente, mais seulement si l’on tient compte de l’emprise racinaire des végétaux voisins.
Les conditions pour que ça marche vraiment
Si la solarisation a échoué lors d’un précédent essai, le souci vient peut-être de la mise en œuvre. Elle fonctionne mieux pendant la période la plus chaude de l’année, avec un plastique transparent, et non noir.
Le sol doit être bien humidifié avant la pose. Ensuite, il faut laisser la couverture en place entre quatre et six semaines. Dernier point, la zone n’est pas protégée pour toujours. De nouvelles graines de mauvaises herbes peuvent retomber sur le sol traité et germer plus tard.