Dès 2026, l’UE prévoit une taxe sur les colis bon marché venus de l’étranger, Shein en ligne de mire

Image d'illustration. Petit colis sur le seuilADN
La Commission européenne prévoit d’instaurer une taxe sur les colis de faible valeur expédiés depuis l’étranger à partir de 2026, une mesure qui ciblerait notamment des plateformes comme Shein, actuellement exemptées de droits de douane pour ces envois.
Tl;dr
- Suppression des exonérations douanières sur petits colis prévue en 2026.
- Les plateformes chinoises comme Shein et Temu ciblées.
- Des mesures transitoires pourraient s’appliquer dès 2025.
Vers la fin des colis à bas prix venus de Chine ?
Au cœur des discussions à Bruxelles, une mesure attendue depuis longtemps par plusieurs secteurs économiques européens vient d’accélérer : la suppression de la franchise de droits de douane sur les petits colis, ceux dont la valeur est inférieure à 150 euros.
Cette disposition vise principalement les achats effectués via des plateformes de commerce en ligne d’origine chinoise telles que Shein ou Temu, qui inondent le marché européen avec des produits très abordables, au grand dam de nombreuses entreprises locales.
L’Union européenne serre la vis sur l’e-commerce asiatique
Jusqu’ici, ces petits paquets bénéficiaient d’une exonération qui leur permettait d’entrer sur le territoire de l’Union européenne sans payer de droits de douane. Mais cette situation, jugée intenable par nombre d’acteurs économiques, est sur le point de changer. Selon des sources proches du dossier, les ministres européens des Finances réunis ce jeudi devraient approuver la suppression pure et simple de cet avantage fiscal.
Une proposition initialement formulée en février par la Commission européenne, qui souhaite également instaurer un frais de traitement forfaitaire pour chaque envoi — un montant évoqué autour de deux euros par paquet, bien que rien ne soit définitivement acté.
Un calendrier accéléré face à l’urgence concurrentielle
Initialement, ces mesures étaient attendues pour la mi-2028, dans le cadre plus large de la réforme de l’union douanière. Toutefois, l’évolution rapide du marché a contraint les institutions européennes à revoir leurs ambitions à la hausse. Ainsi que l’a souligné le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, dans une lettre adressée aux ministres des Finances des Vingt-Sept : « ce calendrier est incompatible avec l’urgence de la situation ». Plusieurs secteurs réclament en effet une réponse rapide à ce qu’ils perçoivent comme une forme aiguë de concurrence déloyale.
Pour répondre à cette attente pressante, un système transitoire permettant d’appliquer dès début 2025 ces nouvelles règles fait désormais consensus parmi les États membres. Ce dispositif pourrait être formellement validé lors du prochain Conseil prévu le 12 décembre. En clair :
- Toutes les commandes en ligne sous 150 euros seront taxées.
- L’exonération actuelle serait supprimée dès janvier prochain.
- Cela concerne majoritairement les colis expédiés depuis la Chine.
La France à l’avant-garde du combat réglementaire
Dans ce bras de fer contre les géants asiatiques du e-commerce, la position française s’est nettement affirmée. Mercredi encore, le ministre français de l’Économie Roland Lescure, arrivé à Bruxelles pour participer aux discussions, martelait : « L’actualité récente a montré que le sujet des plateformes de e-commerce est un sujet important de compétitivité, de protection des consommateurs ».
Il presse ses partenaires européens d’appliquer « dès 2026 au plus tard ces mesures tant attendues par nos entreprises et nos citoyens ». Un signal fort envoyé alors que le débat sur la régulation du commerce en ligne connaît une intensification sans précédent sur le Vieux Continent.