Découverte d’un mystérieux « oxygène noir » au fond de l’océan Pacifique

Illustration. La plongée sous-marine. ADN
Les scientifiques ont fait une découverte surprenante : l'oxygène peut aussi provenir de pierres contenant des métaux, pas seulement des êtres vivants. Cette découverte remet en question notre compréhension des origines de la vie sur Terre. Cette nouvelle information pourrait-elle redéfinir notre théorie de l'évolution ?
TL;DR
- Découverte d’oxygène « noir » dans les profondeurs de l’océan Pacifique.
- L’oxygène provenait de nodules polymétalliques, pas d’organismes vivants.
- Cette découverte remet en question les théories sur l’origine de la vie.
En plongeant dans les profondes tranchées de l’océan Pacifique, les scientifiques ont fait une découverte révolutionnaire qui pourrait remettre en question notre compréhension actuelle de l’origine de la vie.
Un voyage au cœur des abysses
L’océan Pacifique cache dans ses entrailles, à plus d’un kilomètre de profondeur où la lumière n’a pas accès, une source d’oxygène atypique. Des galets à la composition métallique, appelés « nodules polymétalliques », semblent en être à l’origine selon une étude publiée récemment.
De l’oxygène…sans vie ?
Ces nodules, convoités par The Metals Company et UK Seabed Resources pour leurs richesses minérales, ont été découverts lors d’une mission par l’Association écossaise pour les sciences marines (SAMS). Cette dernière visa à mesurer la consommation d’oxygène dans des zones où la photosynthèse est impossible, et a ainsi découvert une augmentation du taux d’oxygène autour des sédiments, malgré l’absence d’organismes vivants.
Des propriétés étonnantes
Un phénomène inexplicable à première vue. La première hypothèse des chercheurs fut une défaillance de leurs capteurs. Après des tests en surface et en laboratoire, le même phénomène d’émission d’oxygène a été observé. Ils ont noté une augmentation de l’oxygène même dans le noir complet, sans photosynthèse.
Les scientifiques ont découvert que ces nodules métalliques génèrent une tension électrique permettant l’électrolyse de l’eau, et donc, la production d’oxygène. Un phénomène chimique qui intervient dès 1,5 volt, une tension que ces nodules pourraient produire lorsqu’ils sont regroupés.
Repenser l’origine de la vie
« La découverte de production d’oxygène par un processus autre que la photosynthèse nous incite à repenser la manière dont est apparue la vie sur Terre », confie Nicholas Owens, directeur de la SAMS. Cette vie primitive est généralement associée à l’apparition de l’oxygène, produit par les cyanobactéries.
« La vie aurait pu commencer ailleurs que sur la terre ferme et près de la surface de l’océan », avance Andrew Sweetman, auteur principal de l’étude. Et si ce processus existe sur Terre, pourquoi pas sur les lunes de Saturne ou de Jupiter, ou encore d’autres « mondes océaniques » ? Une question qui passionnera probablement de nombreux scientifiques dans l’avenir.