Haïti : après l’évacuation de diplomates, réunion de crise en Jamaïque

Alors que la violence des gangs s’intensifie à Port-au-Prince, la capitale haïtienne, les États-Unis ont décidé d'évacuer une partie de leur personnel d'ambassade dimanche. Dans la foulée, l'Allemagne a également réagit en faisant partir son ambassadeur et certains membres de la délégation de l'Union européenne. Quelles seront les conséquences de ces départs pour Haïti ?

Illustration. Situation compliquée en Haïti.
Illustration. Situation compliquée en Haïti. — ADN
  • Crise en Haïti : évacuation de diplomates européens suite aux violences.
  • Des pays cherchent à ramener l’ordre et confiance au peuple haïtien.
  • Augmentation des attaques de gangs, provoquant l’inquiétude internationale.
  • Planification d’une intervention internationale pour restaurer l’ordre.

Haïti : La crise s’intensifie

La situation en Haïti prend un tournant critique. D’après un rapport du 11 mars, la violence gangrenante à Port-au-Prince a conduit à l’évacuation des diplomates européens, plongeant la capitale dans un « état de siège« .

Un espoir international

Des représentants des États-Unis, de la France, du Canada et de l’ONU ont été appelés en Jamaïque par la Communauté des Caraïbes (Caricom) pour une réunion d’urgence. Le vice-président du Guyana, Bharrat Jagdeo, a déclaré que ces nations « chercheront à ramener l’ordre et à redonner confiance au peuple haïtien ».

Et pour cause, les violences liées aux gangs se sont accrues à Port-au-Prince, exigeant la démission du Premier ministre Ariel Henry et l’instillation d’une crise de confiance auprès des haïtiens. « Les criminels ont pris le contrôle du pays. Il n’y a pas de gouvernement, c’est en train de devenir une société en faillite« , a déclaré Jagdeo.

Retrait des diplomates

Un grand nombre de diplomates ont été évacués, y compris une partie du personnel de l’ambassade des États-Unis. De même, un porte-parole du ministère allemand a annoncé que l’ambassadeur d’Allemagne et le représentant permanent à Port-au-Prince sont partis pour la République dominicaine en raison des tensions sécuritaires.

L’Union Européenne a également fait part de son « extrême inquiétude » et a décidé de déplacer son personnel vers un endroit plus sûr à l’extérieur du pays.

Sauver Haïti

Port-au-Prince subit des affrontements réguliers entre les forces de l’ordre et des bandes armées, rendant la ville similaire à « une ville en état de siège« , comme le signale Philippe Branchat, de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations). Plus de 362 000 personnes ont déjà été déplacées, dont la moitié sont des enfants.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné son accord il y a des mois pour une mission internationale, mais son déploiement se fait attendre. En attendant, l’aéroport et le port ne fonctionnent plus, menaçant l’approvisionnement du pays le plus pauvre des Amériques.

Malgré la tristesse de la situation, un signe d’espoir apparaît avec la libération de cinq personnes enlevées en février à Port-au-Prince, dont quatre religieux. Ce signal pourrait indiquer une petite avancée vers la stabilité tant attendue du pays.