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« Complément d’enquête » : Le groupe Bolloré réclame 50 millions d’euros à France Télévisions

Divertissement > Médias > France Télévisions
Par Jérôme Nelra,  publié le 27 mars 2018 à 16h35.

Le groupe se dit "dénigré" après la diffusion en 2016 d'un long portrait de Vincent Bolloré sur France 2.

Le tribunal de commerce de Paris a examiné lundi une plainte déposée par le groupe Bolloré pour « dénigrement » à l’encontre de France Télévisions. Et demande 50 millions d’euros de dommages au groupe audiovisuel public.

En cause, un portrait de Vincent Bolloré diffusé par France 2 et son magazine Complément d’enquête en avril 2016.

France Télévisions : « une procédure abusive »

Les avocats de France Télé ont plaidé lundi en évoquant une « procédure abusive » (demandant à ce titre 100.000 euros de dommages et intérêts), cette affaire relevant selon eux du droit de la presse, et n’ayant de fait rien à faire devant le tribunal de commerce. L’un d’eux, Me Jean Castelain, précise : « Cette plainte n’a aucun fondement juridique sérieux, c’est de la gesticulation pour détourner les esprits du principal. Vincent Bolloré veut contourner la loi de 1881 sur la presse. Il a largement communiqué sur cette plainte pour faire peur. C’est un spécialiste des procédures contre la presse ».

BFM Business rapporte encore les propos d’une autre juriste, Me Juliette Felix, qui mentionne que « Vincent Bolloré poursuit une vingtaine de médias en diffamation ».

Les activités africaines du groupe de l’industriel breton

Ce portrait sous forme d’enquête a remporté le prestigieux prix Abert-Londres en 2017. Dans l’une des séquences, on pouvait voir des sous-traitants de la Socapalm, qui produit de l’huile de palme au Cameroun et dont Vincent Bolloré est actionnaire. Certains employés, présentés comme mineurs par les journalistes témoignaient alors de leurs conditions de travail.

Mais le groupe Bolloré accuse les journalistes d’avoir omis de préciser par exemple qu’il « ne détient qu’une participation minoritaire de 38,8 % dans la Socapalm ». L’avocat Didier Malka dénonce des « manquements déontologiques » et « d’impartialité » de la part des journalistes. La décision du tribunal doit être connue le 12 juin prochain.

Le Récap
  • France Télévisions : « une procédure abusive »
  • Les activités africaines du groupe de l’industriel breton
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