Capgemini s’explique après la controverse liée aux activités de sa filiale pour l’ICE américaine

Image d'illustration. Serveurs informatiquesADN
Suite aux révélations concernant les activités d’une filiale auprès de l’agence américaine ICE, Capgemini prend la parole pour clarifier sa position. L’entreprise est confrontée à des critiques liées à la collaboration avec cette institution controversée.
Tl;dr
- Capgemini cède sa filiale liée à l’ICE américaine.
- Pression syndicale et politique après un contrat controversé.
- Le groupe lance une révision de ses partenariats éthiques.
Capgemini cède sa filiale américaine après la tempête ICE
En pleine tourmente, le groupe français Capgemini, acteur majeur des services informatiques, a annoncé ce 1er février 2026 la mise en vente de sa filiale Capgemini Government Solutions. Cette décision intervient dans la foulée des révélations concernant un contrat particulièrement sensible passé avec la police fédérale américaine de l’immigration, l’ICE, dont les méthodes restent régulièrement critiquées aux États-Unis et en Europe.
Une filiale autonome au cœur d’une polémique internationale
L’affaire a éclaté après que l’association L’Observatoire des multinationales, relayée par France 2, a mis en lumière l’implication de la filiale américaine dans le développement d’outils d’identification et de localisation pour le compte de l’ICE. Le contrat initial, signé le 18 décembre, pouvait atteindre jusqu’à 365 millions de dollars, même si le montant ferme n’était que de 4,8 millions. D’autres documents officiels américains mentionnent une prestation supplémentaire facturée à hauteur de 7 millions de dollars depuis octobre 2025.
Face à la grogne croissante en France, tant chez les syndicats que du côté politique – citons notamment les réactions du ministre de l’Economie Roland Lescure ou encore la satisfaction exprimée par l’eurodéputée Manon Aubry (LFI) sur X –, le conseil d’administration extraordinaire convoqué ce week-end a décidé d’accélérer la séparation. Selon les mots du PDG Aiman Ezzat, « le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée ».
Soulagement syndical, mais vigilance accrue sur l’éthique
Du côté des syndicats, si le soulagement domine quant à cette « voie de sortie », plusieurs représentants appellent désormais à plus qu’un simple désengagement. Pour eux, il faudra impérativement renforcer :
- systèmes de contrôle interne
- révision des partenariats commerciaux sensibles
- démarches éthiques du groupe
Frédéric Boloré (CFDT) soulignait récemment n’avoir « jamais connu une situation de crise comme celle d’aujourd’hui » en trente-deux ans chez Capgemini.
Capgemini sous pression : réorganisation et enjeux futurs
Ce tumulte intervient alors même que Capgemini s’apprête à supprimer jusqu’à 2 400 postes en France, conséquence directe du ralentissement économique mondial. Présent dans plus de cinquante pays et coté au CAC 40, le groupe doit composer avec une réputation fragilisée sur fond d’émotion persistante aux États-Unis après la mort tragique de deux manifestants à Minneapolis. L’avenir ? Il passera sans doute par une réaffirmation des principes éthiques et une transparence accrue autour des contrats publics internationaux.