Bruxelles avance sur le Mercosur malgré l’opposition de Macron, qui fustige une décision « unilatérale »

Image d'illustration. Union européenne. ADN
La Commission européenne a décidé de mettre en œuvre l’accord commercial avec le Mercosur. Cette décision, prise sans consensus préalable, suscite la réaction d’Emmanuel Macron, qui critique la démarche adoptée par Bruxelles et son caractère non concerté.
Tl;dr
- Accord Mercosur appliqué provisoirement malgré le vote européen.
- Macron et Genevard dénoncent la décision de la Commission.
- L’entrée en vigueur attendue sous deux mois.
La Commission européenne prend de court les eurodéputés
À l’occasion du Salon de l’Agriculture, une annonce inattendue a secoué les milieux politiques et agricoles. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dévoilé vendredi l’application provisoire de l’accord Mercosur. Pourtant, ce projet était en suspens après un vote défavorable des eurodéputés. Cette initiative unilatérale ravive les tensions à Bruxelles et, plus largement, dans plusieurs capitales européennes.
Vives réactions à Paris et à Strasbourg
Le chef de l’État français n’a pas mâché ses mots. En marge d’une rencontre avec le Premier ministre slovène, Robert Golob, à Paris, Emmanuel Macron s’est insurgé : « La Commission européenne a fait le choix unilatéral d’appliquer provisoirement l’accord avec le Mercosur, alors même que le Parlement européen ne l’a pas voté. Elle assume ainsi une très lourde responsabilité ». Selon lui, cette décision renforce « l’incertitude des agriculteurs européens » déjà inquiets pour leur avenir. Il insiste également sur une « sérieuse entorse au respect dû aux représentants élus des citoyens européens », qualifiant cette surprise d’autant plus amère pour la France et d’« affront au Parlement européen ».
Dans le même esprit, Annie Genevard, figure du paysage politique hexagonal, déplore aussi cette démarche : « C’est une décision que je regrette… ce n’est pas conforme au respect qui aurait dû prévaloir de la décision du Parlement européen ».
Mise en œuvre accélérée malgré les procédures judiciaires
En toile de fond, les eurodéputés avaient enclenché une procédure judiciaire devant la justice de l’UE pour vérifier si cet accord avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay respectait bien les traités européens. Le processus devait prendre plusieurs mois. Toutefois, la réglementation offrait à la Commission la faculté d’enclencher une application temporaire si certains États du Mercosur ratifiaient déjà l’accord. Or, ce fut chose faite dès jeudi par l’Argentine et l’Uruguay.
Voici les étapes qui se profilent désormais :
- Notification officielle des pays du Mercosur par la Commission européenne.
- Mise en vigueur deux mois après ces échanges formels.
L’attente des prochaines échéances européennes
Pour les observateurs comme pour les responsables concernés, c’est désormais vers Bruxelles que tous les regards se tournent : la notification officielle devrait intervenir rapidement avant que ne débute ce délai crucial de deux mois. Entre crispation politique et incertitude économique, cet épisode laisse un goût amer sur fond d’inquiétudes persistantes chez les agriculteurs et au sein des institutions européennes.