Avec l’âge, les femmes apprennent à mieux maîtriser leur colère

Image d'illustration. Femme d âge moyen écrivant dans un journalADN
Au fil des années, les femmes semblent développer une meilleure maîtrise de leur colère. Diverses études soulignent que l’expérience et la maturité émotionnelle acquises avec l’âge leur permettent d’adopter des stratégies plus efficaces pour gérer cette émotion.
Tl;dr
- La colère diminue chez les femmes après la mi-vie.
- L’âge reproductif influe sur la gestion émotionnelle.
- Mieux informer les femmes améliore leur bien-être.
Colère féminine : une évolution marquée par l’âge
Faut-il s’en étonner ? La manière dont les femmes vivent et expriment la colère ne reste pas figée tout au long de la vie. Une nouvelle étude, récemment publiée dans la revue Menopause, met en lumière l’influence déterminante de l’âge chronologique et reproductif sur les traits de colère chez la femme.
Alors que beaucoup pensent d’abord à l’humeur ou à la tristesse lorsque l’on évoque la ménopause, il apparaît que la question de la colère, elle aussi, mérite d’être explorée plus en profondeur.
L’impact du temps sur les émotions
Les chercheurs se sont penchés sur plus de 500 femmes âgées de 35 à 55 ans pour décrypter cette dynamique. Leurs conclusions sont sans appel : avec l’avancée en âge, surtout après le cap de la mi-vie, les différentes formes de colère — qu’il s’agisse d’un tempérament colérique, d’une réaction vive ou même d’une hostilité affichée — tendent à décroître.
Étonnamment, seule la colère intériorisée ne semble pas évoluer avec le temps. Par ailleurs, le stade reproductif joue lui aussi un rôle clé : passé les dernières étapes fertiles, une baisse sensible des accès de colère est observée.
Colère et santé : des liens multiples
Depuis les années 1980, les liens entre colère et santé cardiovasculaire chez les femmes ont été étudiés. On sait désormais que celles présentant des niveaux élevés de « trait anger » (prédominance colérique) développent davantage d’hypertension et voient parfois leurs artères épaissir avec le temps. D’autres travaux associent encore une forte colère à des symptômes dépressifs accrus lors de la ménopause, notamment sous traitement hormonal.
Pour y voir plus clair, rappelons que la colère, définie comme un antagonisme souvent explosif envers autrui ou soi-même, diffère sensiblement de l’hostilité, qui renvoie plutôt à une posture anxieuse et défensive permanente.
Mieux accompagner pour mieux vivre sa transition
Face à ces constats, des spécialistes comme Dre Monica Christmas, responsable associée à The Menopause Society, insistent sur un point : « Les fluctuations hormonales lors du post-partum, du cycle menstruel ou encore de la périménopause peuvent générer d’importants bouleversements émotionnels liés à la colère et à l’hostilité. » Selon elle, reconnaître ces vulnérabilités et informer davantage les femmes permettrait d’améliorer sensiblement leur qualité de vie. Une meilleure compréhension des mécanismes en jeu favoriserait aussi une gestion émotionnelle plus apaisée durant cette phase charnière.
En somme, vieillir – biologiquement comme intimement – pourrait bien rimer avec sérénité retrouvée… Du moins sur le plan de la colère.