Au Brésil, la COP30 s’ouvre dans un contexte d’urgence climatique incontournable

Image d'illustration. Canopée luxuriante de la forêt amazonienneADN
La COP30 s’ouvre au Brésil dans un contexte d’urgence climatique mondiale. Les délégations réunies font face à des attentes accrues pour renforcer les engagements, alors que l’impact du dérèglement se fait chaque jour plus tangible et menaçant.
Tl;dr
- La COP30 s’ouvre à Belem, Amazonie, malgré des défis logistiques.
- Lula veut mobiliser contre les négationnistes et défendre l’Amazonie.
- Le seuil des 1,5°C va probablement être dépassé prochainement.
L’Amazonie au cœur de la COP30 : entre urgence climatique et défis logistiques
Cette année, c’est dans une ambiance moite et tropicale que se tient la COP30, à Belem, aux portes de l’Amazonie. Loin des salons climatisés habituels, les participants devront composer avec le soleil écrasant du matin, les averses soudaines de l’après-midi… et une organisation qui peine à suivre.
La décision du président Luiz Inacio Lula da Silva d’imposer ce cadre unique n’a rien d’anodin : il souhaite confronter les négociateurs à la réalité de la plus vaste forêt du monde, véritable rempart contre le dérèglement climatique mais aussi victime des pires maux — déforestation, pollutions multiples et violences envers les peuples indigènes.
Un sommet sous tension et sous pression
Pourtant, sur place, les préparatifs inquiètent : la logistique accuse du retard, si bien qu’une source proche de l’ONU confiait récemment craindre un manque de nourriture ou même des problèmes techniques basiques comme des micros défaillants. Il faut dire que réunir 50 000 personnes dans une ville peu équipée pour accueillir pareille affluence relève du défi.
Dans ce contexte tendu, Lula a lancé un appel offensif dès son discours inaugural, invitant à « infliger une nouvelle défaite aux négationnistes » tout en rappelant qu’il serait « beaucoup moins cher d’agir contre le changement climatique que de faire la guerre ».
Négociations cruciales sur fond d’incertitude planétaire
Ce rendez-vous s’annonce donc déterminant. De nombreuses interrogations planent : le monde parviendra-t-il à dépasser ses clivages – notamment entre pays riches et Sud global – pour répondre aux catastrophes annoncées par les dernières projections ? Où trouver les ressources nécessaires pour soutenir les nations déjà sinistrées par cyclones ou sécheresses extrêmes ? Autre point épineux : la feuille de route sur les énergies fossiles, remise sur la table par le Brésil. Depuis l’accord trouvé à Dubaï en 2023 pour une transition progressive hors du pétrole et du charbon, le consensus reste fragile.
Voici quelques-unes des questions qui animent déjà les couloirs de la conférence :
- L’union internationale pourra-t-elle éviter l’escalade des tensions Nord-Sud ?
- Le financement de l’adaptation au climat sera-t-il renforcé ?
- L’inscription formelle de la sortie progressive des énergies fossiles verra-t-elle le jour ?
Le spectre du dépassement du seuil critique
Depuis trente ans, la communauté internationale s’efforce de renforcer le cadre multilatéral engagé lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Pourtant, aujourd’hui, même le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres ne cache plus son inquiétude : franchir le seuil symbolique des 1,5°C devient quasi inévitable. Pour certains pays insulaires ou vulnérables comme ceux représentés par Manjeet Dhakal — conseiller pour le groupe des pays les moins avancés — c’est une question existentielle : « 1,5°C n’est pas qu’un chiffre ou un objectif, c’est une question de survie. »
Ainsi a débuté à Belem une COP30 à très haut risque… où tout reste possible mais rien n’est joué.