En bref
- Plus de 678 000 usagers touchés
- Une cellule de crise lundi
- Le parquet de Paris enquête
Plus de 678 000 particuliers et entreprises vont être contactés à partir de ce lundi 17 août après le piratage du système d’information de la DGFiP. L’administration précisera à chacun quelles données ont pu être exposées et quelles précautions adopter.
Des centaines de milliers d’usagers bientôt prévenus
La Direction générale des finances publiques avait reconnu vendredi 14 août une intrusion dans ses systèmes. Elle avait alors évoqué environ 700 000 victimes parmi les professionnels et les particuliers. Le chiffre désormais avancé est plus précis, avec plus de 678 000 personnes et entreprises concernées.
À partir de lundi, l’État prévoit une notification individuelle. L’objectif est d’indiquer, au cas par cas, le détail des informations susceptibles d’avoir été consultées et les mesures de vigilance à suivre. Résultat, la priorité immédiate n’est pas seulement technique, elle est aussi d’informer vite.
Une réunion de crise sous l’autorité du Premier ministre
Matignon a annoncé qu’Sébastien Lecornu présiderait lundi 17 août une cellule interministérielle de crise. La réunion se fera en visioconférence sécurisée, avec les responsables des ministères concernés.
Cette cellule doit notamment vérifier que l’information destinée aux victimes est prête avant son lancement. Elle se tiendra dans l’après-midi, après un déplacement d’Sébastien Lecornu et de plusieurs ministres en Gironde, département marqué cet été par des incendies d’une ampleur historique.
Enquête judiciaire et rappel de la doctrine de l’État
L’affaire a déjà pris un tour judiciaire. Le parquet de Paris a ouvert une enquête samedi 15 août, après qu’un hackeur a revendiqué avoir consulté et extrait des données confidentielles entre la fin juin et le début juillet 2026.
Les services du Premier ministre rappellent leur ligne en cas d’incident de ce type, avec quatre axes, détecter et interrompre, poursuivre, informer, renforcer. Une plainte a été déposée, et une notification a aussi été transmise à la CNIL.
La réunion de lundi doit également servir à faire un point sur le plan de sécurisation des administrations lancé le 30 avril. Ce dispositif repose sur une nouvelle gouvernance numérique de l’État et sur des moyens renforcés.
Des réactions politiques sur fond de série noire cyber
À droite comme à gauche, l’attaque suscite des réactions. Les sénateurs socialistes demandent une commission d’enquête parlementaire. Ils estiment que la succession d’incidents ne permet pas encore de conclure à une défaillance structurelle, mais qu’elle justifie de vérifier l’existence de vulnérabilités communes.
De son côté, Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle pour Les Républicains, a regretté sur X que la France soit « le 2e pays au monde le plus touché par les cyberattaques ». Il a aussi dit vouloir mettre en place un « Plan Vauban » pour mieux protéger les données des Français.