En bref
- L’Antarctique était vert durant l’Éocène
- Des pollens fossiles ont été retrouvés en mer
- Le climat atteignait environ 20 degrés
Environ 20 degrés en Antarctique. L’image a de quoi surprendre, tant le continent évoque aujourd’hui les glaces, les icebergs et un froid permanent. Pourtant, entre 34 et 56 millions d’années, durant l’Éocène, le décor aurait été tout autre, avec un territoire couvert de verdure et non de glace.
Vingt degrés là où l’on attend la glace
Ce basculement de paysage n’a rien d’une hypothèse vague. Les chercheurs estiment qu’à cette époque, le continent connaissait une température proche de 20 degrés. L’un d’eux, Kevin Welsh, scientifique australien impliqué dans ces travaux, l’a résumé ainsi : « Il y avait des forêts, pas de glace, et il faisait très bon ».
Dit autrement, l’Antarctique n’était pas encore le grand réservoir glacé que l’on connaît. Il ressemblait bien davantage à un espace recouvert de forêts, avec un climat jugé agréable.
Des forages qui font remonter une ancienne forêt
La découverte, publiée par la revue britannique Nature, repose sur des forages réalisés en mer. En remontant des échantillons, les scientifiques ont retrouvé des fossiles de pollen. Ces traces végétales viennent de forêts décrites comme quasi tropicales.
C’est ce point qui donne du poids à l’étude. Le pollen raconte un paysage ancien très différent de celui d’aujourd’hui. Et il le raconte de façon concrète, pas seulement par déduction climatique.
Le rôle possible du dioxyde de carbone
Pour expliquer une telle chaleur, les chercheurs avancent une piste nette, la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. À cette période, elle aurait atteint 990 ppm à plusieurs milliers de ppm. À titre de comparaison, les mesures actuelles citées ici montrent 395 ppm.
Le lien posé est simple. Plus de CO2, donc une atmosphère plus chaude, et un continent qui reste vert au lieu de se figer sous la glace. Bon, cela ne résume pas tout, mais le contraste frappe quand même.
Pourquoi cette découverte compte aujourd’hui
Ces résultats ne servent pas seulement à reconstituer un passé lointain. Ils peuvent aussi aider à comprendre les changements climatiques susceptibles d’apparaître dans les décennies à venir. C’est là que l’Antarctique prend une place particulière.
Le continent stocke en effet d’importantes réserves d’eau. Du coup, retracer son passage d’une forêt à un monde de glace permet de mesurer à quel point un continent peut changer sur le long terme. Et une question reste ouverte, presque vertigineuse : si l’Antarctique a pu passer du vert au blanc, un basculement comparable pourrait-il concerner d’autres continents ?
Vos questions, nos réponses
À quelle époque l’Antarctique était-il recouvert de forêts ?
Il s’agit de l’Éocène, une période située ici entre 34 et 56 millions d’années. Ce repère compte, parce qu’il replace cette transformation très loin dans le temps, bien avant la formation du paysage glaciaire actuel.
Qu’ont trouvé exactement les chercheurs ?
Ils ont récupéré, grâce à des forages menés en mer, des fossiles de pollen. Ce type d’indice est précieux, car il permet d’identifier la présence ancienne de végétation et donc de reconstituer un environnement disparu.
Que signifie ppm pour le dioxyde de carbone ?
PPM veut dire parties par million. C’est une façon de mesurer la concentration d’un gaz dans l’atmosphère. Plus ce chiffre est élevé, plus la quantité de dioxyde de carbone présente dans l’air est importante.
Pourquoi cette étude est-elle jugée importante aujourd’hui ?
Parce qu’elle aide à comprendre comment un continent peut changer profondément de climat et de paysage. Dans le cas de l’Antarctique, cet enjeu pèse encore plus lourd en raison de ses immenses réserves d’eau.